‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 2 sur 253 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

LATOUR, JAQUINOT.

LATOUa.

Alix)T9s, moQ frère, allons, je vous le dis tout bas: Sur un sujet pareil ce ton ne convient pas ; Notre père n'est plus: respectons sa mémoire.

JAQUINOT.

Je la respecte aussi , comme vous pouvez croire ; Mais je voudrais qu'au lieu de n'avoir presque rien , Le cher homme , en mourant, nous eût laissé du bien.

LATOUR

11 n'attacha jamais de prix à la fortune.

i6 LE TRÉSOR.

JAQUINOT.

Tant pis; je dis: tant pis, et mille fois pour une.

LATOUB. .

Je suis d'un autre avis.

JAQUIKOT.

Je le crois ; un docteur Comme vous, n^est-ce pas? un savant! un auteur! Tous les biens d'ici-bas ne sont rien pour un sage;

LATOUR

Pardonnez-moi; j'en sais le besoin et l'usage; Mais je ne forme point de désirs superflus :

Je veux le nécessaire , et ne veux rien de plus.

JAQUINOT. '

On appelle cela , je crois, de la morale!

Elle est particulière , et fort originale.

Vous , et tous vos pareils , vous êtes de vrais fous ,

Mon frère.

LATOUR

Mais enfin, mon frère, selon vous , Le bonheur le plus grand et le plus désirable , C'est donc de posséder un bien considérable , A force de travaux d'amasser beaucoup d'or, Quand on en a beaucoup , d'en amasser encor ?

JAQUINOT.

On n'en a jamais trop, entendez-vous, mon frère? Nous diCTérons beaucoup d'humeur, de caractère. J'ai songé de bonne heure , et d'un soin diligent  me faire un état , à gagner de l'argent ;

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