ACTE II, SCÈNE II
JAQUIMOT.
"Eh ! oui; nous somnies seuls.
J'ai bien eu de {a peine ; Je cours depuis huit jours presque sans prendre haleine. Je quitte dans l'instant notre donneur d'avis; Chez un restaurateur, en tête-à-tête assis , J'ai d'un bon dé jeûner payé son bavardage.
S'il mange et boit beaucoup , il jase davantage. Il m'avait déjà dit l'histoire du trésor , Et vient , tout de nouveau , de me la dire encor. J'en sais présentement les détails, l'origine; Chez milord Kilbourden étant chef de cuisine...
JAQUINOT.
Allez-vous, comme lui , mon cher , vous répéter ? N'avez-vous pas déjà pris soin de me (Donter Que ce Bouffi vous vint faire un jour confidence Du trésor dont lui seul doit avoir connaissance , Et d'un vieux portefeuille entre ses mains resté , Qui pourrait , sur ce fait , donner quelque clarté ?
DURBANT.
L'événement répond juste à la conjecture ; Voyez le double fond , la double couverture Du portefeuille.
Ah ! ah ! vous l'avez donc ouvert ?
durba:st.
Oui, vraiment!
Et dedans, qu'ayez-yous dëcoayert?
Un tris-joli dessin, que yoici;
JAQUINOT.
Belle affaire !
Un dessin ! et qne diantre en prétendez-yous faire ?
durbaut.
Doucement , s'il yous plaît ; que représente-t~il ?
JAQUIIÏOT.
Mais... c'est comme un tableau.
DVRBAINT.
Yous êtes fort snbtil.
C'est cette maison-ci.
JAQUINOT.
Cela pourrait bien être.
DURBANT.
Regardez bien.
Eh! oui; je crois la reconnaître.
BURBANT.
Et cette inscription que yous y oyez au bas.,. Hein, sayez-yous l'anglais?
JAQUII90T.
Non, je ne le sais pas«
BXJRBANT.
My soûl is in that place.