‹ Œuvres (volume 4)Chapitre 41 sur 253 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

JAQUINOT, M- JAQUINOT.

JAQUINOT.

Vous , ma femme , écoutez la raison.

n bai penser d^abord au bien de sa maison.

M"« JAQUINOT.

Mon Dieu ! de vos leçons , Monsieur , je vous dispense , Et je sais mieux que tous comme il faut que je pense.

JAQUINOT.

J^ai sujet d^espérer qu'un grand événement

Ya £ûre , à ma fortune , un heureux changement.

M™« JAQUINOT.

Tant mieux ; c'est un espoir, Monsieur, que je partage.

JAQUINOT.

Je ne puis vous en dire à présent davantage.

Mais si nous nous trouvons à Tabri du besoin , Fort riches même , alors que faut-il ? Voir plus loin , Savoir de la fortune user avec adresse , Et s'en Satire un moyen d'augmenter sa richesse.

M»* JAQUINOT.

Yous êtes fort le maître ; oui , sachez amasser , C'est votre affaire ^ et moi , je saurai dépenser.

JAQUINOT.

Vous saurez dépenser ? Je dis tout le contraire. Vous dépenserez mal, si l'on vous laisse faire. Vous me parlez déjà de rassembler chez vous Je ne sais quelles gens , des folles et des fous Qui ne sont bons à rien. . .

M"»« JAQUINOT.

Pourvu qu'ils soient aimables .

JAQUINOT.

De services réels ces gens sont incapables.

Irai-je , sans motifs , leur prodiguer mon bien ? Mon principe est qu'il faut ne donner rien pour rien , Ne pas perdre un diner , et s'arranger de sorte , S'il coûte de l'argent , qu'ensuite il en rapporte. Depuis un certain tems , vous devez le savoir , Les diners , dans le monde , ont un très-grand pouvoir. Ils vous font des amis.

M"** JAQUINOT.

Que vous êtes sordide !

Que vos goûts sont mesquins !

JAQUINOT.

Non; je visé au solide.

Je songe à m'avancer, h faire mon chemin.

M«« JAQUINOT.

Moi , je songe à jouir ; car c'est le plus certain ; Je prétends qu'au plaisir ma maison soit ouverte.

JAQUINOT.

Oui , mangeons notre bien , mangeons-le en pure perte ;

ACT£ m, SCÈNE III. 75

Vous faites preuve ainsi d'un fort beau jugement.

M™« JAQUINOT.

Je fais preuve de goût et de discernement.

Nous verrons...

M»« JAQVlIfOT.

Nousverrons, quoi qu^ondise et qu'on fasse , Artistes , gens d^esprit ....

JAQUINOT.

Financiers, gens en place.

^ M»« JAQUINOT.

Yous prenez grand plaisir à me contrarier.

JAQUI190T:

A la raison jamais on ne peut vous plier.

M"« JAQUINOT.

IMie fixer à Paris est ce que je projette.

JAQtJiKOT.

Je le projette aussi : la maison que j'achète....

M"« JAQUIÎÏOT.

Yous voulez acheter ?

JAQUIKOT.

Oh! je voiis en réponds.

M™* JAQUINOT.

Et comment paierez-vous ? Vous n'avez pas de fonds. .

JAQUII^OT.

Nous pourrons en trouver.

M™« JAQUINOT.

Avec ma signature ?

Je ne m^engage pas pour vous , je tous assure.

JAQVII70T.

Cependant vous vouliez ....

M"« JAQUINOT.

Je ne signerai rien.

JAQUINOT.

Ma femme !

M«»« JAQUIIÎOT.

Oui ! vous irez dénaturer mon bien ^ Manger ma dot ! Oh ! non.

JAQUINOT.

Eh ! que n'est-elle au diable, Votre dot ? Ce trait-là, d'honneur, est incroyable ; Tout à rheure , en dînant, vous étiez d'autre avis ; Vous disiez....

M"*» JAQUINOT.

Je disais .'^. ... Eh bien ! je me dédis ^ Et j'ai toujours raison.

JAQUINOT.

Permettez !

Non.

JAQUINOT.

Non.

Madame !

M"*' JAQUINOT.

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