ACTE I, SCÈNE II. iG
Il s'agit d'établir ma petite Constance , Ma fille la plus jeune....
LINANT
Ah ! vous la mariez ?. . .
Elle atteint dix-sept ans; si vous la connaissiez, Vous sauriez, mon ami, comme elle est raisonnable; Elle a beaucoup d'esprit , un caractère aimable ; Elle tient de sa mère : en un mot , je ferai Un vrai cadeau, je crois , quand je la donnerai.
LISANT
Ah ! je n'en doute pas ; il suffit qu'on la voie....
AOLLIN.
N'est-ce pas ? Vous allez partager notre joie ; Nous la donnons à Charle, à mon premier commis; Il est avec ma femme à présent à Paris; Mais ils vont revenir avant peu de la ville.
Or, Charle est justement un neveu de Merville, Fort bon sujet, que j'ai chez moi depuis long-tems.
Il n'est donc pas très-jeune ?
Il a trente-quatre ans , Même un peu plus, je crois.
C'est le double de l'âge De l'aimable Constance ; un pareil mariage
i66 LE VIEUX FAT.
Est-il bien assorti ? mais j'en dis trop : pardon.
ROLLI]^.
Charle a l'esprit très-gai, vif, mais plein de raison; A son oncle Merville il ne ressemble guère.
LINANT
Vous voulez le bonheur d'une^ fille si chère; Sait-elle vos projets ? en est-elle d'accord ?
RQLLIÎ^.
D'où viendrait son refus ? Charle lui convient fort.
LINANT
Vous croyez ? L'aime-t-cUe .•*
ROLLIN
Oui ; depuis son enfance Elle le voit, l'estime.... Qh ! çà, l'heure s'avance. Allons aux ouvriers ; il faut les suivre un peu.
LINAKT, kpart.
Comment pourrais-je encor hasarder un aveu P
ROLLIN
Je vous expliquerai ce que je compte faire.
LINANT, à pan.
Je n'ai plus qu'un parti : m' éloigner et me taire.
ROLLIN
Que dites-vous ?
LINANT
Moi ! rien.