‹ OEuvresChapitre 125 sur 299 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MONCÉNIGO, LES Sénateurs, plusieurs Officiers, ODALBERT, OTHELLO.

OD ALBERT, en montrant Othello,, qui entre hrusqueîiient .

Vous voyez le perfide.

( Tous les sénateur s font mi mouvement de surprise. )

MONCÉNIGO. ,

Ciel ! Othello !

ODALBERT, « OtJiello .

C'est lui : crains ma vengeance avide.

(à Moncénigo.) Mais avant de punir ce coupable étranger, Cet ami, cet ingrat, qui vient de m'outrager. Ce barbare Africain qui , séduisant ma fille , A mis les pleurs, la mort, Thorreur dans ma famille, Noble Moncénigo , ma fille est en ces lieux ; Commandez à l'instant qu'on l'amène à mes yeux.

MONCÉNIGO, à deux officiers.

Allez, c'est Odalbert, son père, qui l'ordonne : Qu'ici, sans différer, l'on conduise Hédelmone.

[Les deux officiers sortent. )

ODALBERT.

Doge , vous êtes père , et vous avez un fils Qui , jeune et vertueux , à vos ordres soumis ,

igo • OTHELLO.

Vivant loin de ces murs, n'a jamais pu s'instruire Ni dans l'art des ingrats, ni dans l'art de séduire : Doge, au nom de ce fils qui seul vous est resté, Au nom de ma vieillesse et de l'humanité , Par ces droits paternels dont s'arma la nature , De ce vil corrupteur punissez l'imposture.

(à Othello.) Toi, malheureux! réponds. Par quel art, quel secours, As-tu forcé ma fille à souffrir tes amours? Comment, comment penser qu'une fille innocente, Si jeune, si soumise, à ma voix si tremblante. Dont mille amans jaloux auraient brigué la foi , Ait pu jamais aimer im monstre tel que toi?

OTHELLO

Odalbert , je me tais ; je ne puis vous répondre , Vous avez trop acquis le droit de me confondre. Si sans peine pourtant vous m avez pardonné. Quand je fus votre ami, les lieux où je suis né , Sur le front d'Othello , daignez , je vous conjure, Lire au moins son remords , et non pas votre injure. Le ciel me fit, hélas ! en me donnant le jour. Un cœur, pour mon malheur, trop sensible à l'amour : Voilà tout mon forfait. Si j'en eusse été maître, Seigneur, c'est près de vous que j'aurais voulu naître; Mais ce climat enfin que vous me reprochez N'a point dans ses déserts vu mes destins cachés. Quoi ! ce nom d'Africain n'est-il donc qu un outrage? La couleur de mon front uuit-elle à mon courage?

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