‹ OEuvresChapitre 127 sur 299 · SCÈNE VL · texte numérisé non relu

SCÈNE VL

MONGÉNIGO, LES Sénateurs, plusieurs Officiers, ODALBERT, OTHELLO, HÉDELMONE, ÎÏERMANCE.

( Hédelmone est amenée par les deux officiers qui en oîit reçu l'ordre. )

hédelmone, à Hermance.

Arrête... Où suis-je?

ODALBERT, à sajille.

( montrant Hermance. ) Entrez , et suivez votre guide.

Craignez-vous de montrer ce front jeune et timide? Un si grand embarras sied mal à la vertu.

HÉDELMONE.

Mes yeux sont obscurcis, mon corps est abattu,

ODALBERT, à Hermance.

Et vous qui , partageant sa craintive innocence , Avez dans mon palais élevé son enfance , 2. i3

Je rends grâce à vos soins : ma fille, je le vois,

N'a pas gémi par vous sous d'importunes lois.

HÉDELMONK.

Soutiens-moi, chère Hermance.

ODALBERT, à part.

Enchaînons ma colère.

( haut. ) C'est donc là votre époux?

HÉDELMONE.

[a part.) [haut.)

Que répondre ! O mon père !

Je sais que ce guerrier, confondu devant vous , N'a point dû se flatter de se voir mon époux. Mais par-tout dans Venise on vantait sa victoire : Vous-même tous les jours vous parliez de sa gloire. Ses périls à son sort avaient su m'attacher. Je ne le nierai pas : je me sentais toucher Des récits d'un héros que ma patrie honore; Je ne l'entendais plus, et j'écoutais encore. Pourquoi, par sa valeur semblable à nos aïeux, N'est-il qu'un Africain méprisable à vos yeux? Tout le sénat l'estime, et le peuple l'adore. Il a sauvé Venise, il le peut faire encore. Ah ! que la voix du sang calme votre courroux ! Souffrez...

( Elle va pour se jeter aux pieds de son père. ) ODALBERT, an étant sajille.

Je vous défends d'embrasser mes genoux.

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