‹ OEuvresChapitre 189 sur 299 · ROMANCE DU SAULE · texte numérisé non relu

ROMANCE DU SAULE

Au pied d'un saule assise tristement , Voyant couler le ruisseau qui murmure, La belle Isaure, en pleurant son injure, Croyait ainsi |)ar]er à son amant.

Chantez le saule et sa douoe verdure.

Reviens, cruel, de ton aveu^flement.

llélas! je t'aime, et tu me crois parjure! Quoi! c'est l'amoui- qui charme la nature Et c'est l'amour qui cause ton tourment! Chantez le saule et sa douce verdure.

ROMANCE DU S Al LE. 287

Ue ce soupçon que ton cœur était loin, Quand, sous ce saule, attestant la nature, Je te jurai la flamme la plus pure!

Ce bois nous vit, ce ruisseau fut témoin. Chantez le saule et sa douce verdure.

Vois ces ramiers si confians, si doux; C'est leur amour, leur cœur qui les rassure, Il nest pour eux ni soupçon, ni parjure; Ils sont amans, ils ne sont point jaloux. Chantez le saule et sa douce verdure.

Saule, dis-moi, n'est-il pas dans ta fleur Quelque vertu dont la douce nature Tait fait présent pour guérir sa blessure? Ne peux-tu rien pour calmer sa douleur? Chantez le saule et sa douce verdure.

Ah! s'il revient par toi de son erreur. Le ciel m'entend; toujours, je te le jure, Saule d'amour, tu seras ma parure; Je porterai ta feuille sur mon cœur.

Chantez le saule et sa douce verdure.

Si mon amant devenait inhumain, Ciel! où chercher une retraite sûre?

Saule chéri , qu a creusé la nature , Ah! par pitié cache-moi dans ton seinl Chantez le saule et sa douce verdure.

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