ROMANCE DU SAULE
Toi, qui chantais Isaure et ses appas, Vois-la mourir, et mourir sans murmure.
Mon œil s'éteint, mon front est sans parure ; Se pare-t-on, quand on touche au trépas? Chantez le saule et sa douce verdure.
Comme une fleur, je n'eus que deux instans ; T'aimer... mourir. Hélas ! mon ame est pure. On t'a trompé; tu verras l'imposture; Tu la verras; il ne sera plus temps.
Chantez le saule et sa douce verdure.
Mais le jour haisse et l'air s'est épaissi; J'entends crier l'oiseau de triste augure; Ces verts rameaux penchent leur chevelure ; Ce saule pleure; et moi je pleure aussi. Chantez le saule et sa douce verdure.
On dit qu'alors Isaure s'arrêta ;
Tout resta mort, muet dans la nature;
Le vent, sans bruit; le ruisseau, sans murmure.
Jamais depuis Isaure ne chanta.
Chantez le saule et sa douce verdure.
D'Isaure enfin quel fut le triste sort ! Comment conter cette horrible aventure!
Oui, son amant vint dans la nuit obscure, Et sous ce saule il lui donna la mort. Saule, cyprès, changez votre verdure.
FIN D£ tA ROMANCK DU SALLii.
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