‹ OEuvresChapitre 192 sur 299 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ÏÉNAIM, SALÉMA,*ODÉIDE.

[Elles ne travaillent point encore; mais elles ont clia" cune une corbeille à leur portée : celle de Ténaïm renferme des cotonniers au elle doit dépouiller; celle de Salémaj des fuseaux et des laines; et celle d Odéide , des aiguilles et des tissus. Le jour est au moment de se lever. )

SALÉMA.

JVlA sœur, qu'avec plaisir ton récit plein de charmes Sur ce vieillard souffrant me fait verser des larmes ! Si nous eussions déjà commencé nos travaux , Il aurait de mes mains fait tomber les fuseaux.

Heureux qui peut ainsi secourir la vieillesse ,

Dans la force de 1 âge assister la faiblesse,

Honorer le malheur par des soins consolans ,

Et rendre comme au ciel hommage aux cheveux blancs !

DDE IDE.

Écoutez-moi , ma sœur ; si mon récit vous touche , Un autre, à votre tour, doit ouvrir votre bouche : Si Ton plaint d'un vieillard le sort infortuné, On plaint également l'enfant abandonné.

Ma sœur, de cet enfant racontez-nous l'histoire.

SALÉMA.

Je la voudrais plutôt bannir de ma mémoire.

ODÉIDE.

Pourquoi gémir? l'enfance a des charmes si doux !

Elle en a pour tout Romme, et plus encor pour nous.

C'est à nous que d'abord la nature confie

Ces chers fruits de l'hymen qui nous doivent la vie.

Mais ce trait de vertu , ce trait d humanité ,

Ma sœur, en mon absence, on vous l'a donc conté?

SALÉMA.

Oui , ma sœur.

ODÉIDE.

Et qui donc?

Héhis ! ce fut ma mère.

Ce souvenir pour moi la rend encor plus chère. Nous sortions de l'enfance , et ses yeux vigilans , Toujours ouverts sur nous, observaient nos penchans.

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