‹ OEuvresChapitre 2 sur 299 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

DUINCAÎN, GLAMIS.

GLAMIS

OEiGNEUR, OÙ sommes-nous? jamais des deux plus sombres De ces tristes forêts n'ont épaissi les ombres. Quels antres! quels rochers! j'admire avec terreur De ce désert muet la ténébreuse horreur :

s MACBETH.

Ici les seuls torrens ont marqué leur passage,

DUNCAN

Arrêtons-nous, ami. Va, ce désert sauvage, Par son terrible aspect, afflige moins mes yeux Que d'un mortel ingrat le visage odieu.\.

GLAMIS

ISIùs quels desseins, seigneur, vous ont avec mystère Fait diriger vos pas ver& ce lieu solitaire?

DUNCAN

Un vieillard doit s'y rendre, et de notre entretien Dépend tout le bonheur de l'Ecosse et le mien.

GLAMIS

Quel est donc ce vieillard, seigneur, dont la prudence Mérita de son roi l'auguste confidence?

DUNCAN

C'est un de ces mortels qui, dans l'obscurité.

Par de mâles travaux domptent l'adversité;

Qui, près de leurs enfans, de leurs chastes compagnes.

Coulent des jours heureux au sein de ces montagnes.

Tu le verras bientôt; et, certains de ta foi,

Nos cœurs vont librement s'expliquer devant toi :

J'ai, dans cet entretien , besoin de ta prudence.

GLAMIS

Seigneur, je sens le prix de cette confiance : Vous ne l'ignorez pas. Que j'ai plaint vos malheurs, Quand la mort de vos fils vint combler vos douleurs; Quand Donalbain périt, .et dans d'indignes pièges Tomba, si jeune encor, sous des mains sacrilèges!

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