‹ OEuvresChapitre 222 sur 299 · ACTE III, SCÈ^E H · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈ^E H

FARHAN.

Qu'as-tu fait?

SALÉMA.

J'ai pleuré.

FARHAN.

Est-il vrai, Saléma? Tu répandis des larmes?

Des pleurs pour moi versés ont pu ternir tes charmes?

Hélas! qu'en cet instant n'étais-je auprès de toi!

SALÉMA.

Hélas ! qu'en cet instant vous étiez loin de moi !

FARHAN.

Je te vois donc enfin ! Mais que ton front paisible Nous cache un cœur ardent, pur, fidèle, sensible, Capable du plus doux , du plus tendre retour ! Quel bonheur l'attendait s il eût connu 1 amour! Mais dis: dans nos tribus tes yeux ont pu, sans crime, Distinguer quelque objet digne de ton estime; Quelque fils de nos chefs...

SALÉM \.

Aucun.

FARHAN..

Quelque étranger

SoitMéde, soit Persan...

SALÉMA.

Aucun.

FARHAN.

Pour t engager

Sous les lois de Thymen , si les vœux de mon père

M'avaient prescrit...

Grand dieu ! N'achève pas , mon frère.

FARIIAN.

( à part. ) ( haut. )

Je respire. O bonheur! Jamais donc, je le voi, Les flambeaux de Tliymen ne brilleront pour toi?

SALÉMA.

Jamais. Mais vous, Farhan, dans votre longue absence (Si pourtant j'ose entrer dans cette confidence), Vous n'avez pas senti votre cœur arrêté Par un charme plus doux que votre liberté?

FARHAN.

J'en atteste ce jour, qui pour moi luit encore, Qu'à l'instant sous tes yeux le trépas me dévore, Si l'amour ou l'hymen , quels que soient ses attraits , Par le moindre serment peut m'enchaîner jamais !

SALÉMA.

Mon frère, je vous crois... D'où naissent tes alarmes? Pourquoi fixer sur moi tes yeux remplis de larmes?

FARHAN.

AhlSaléma!

SALÉMA.

Farhan !

FARHAN, la serrant sur son sein .

Viens dans mes bras, je meurs.

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