ACTE III, SCÈNE
Comme ton cœur gémit !
Il s'est rempli de pleurs :
Je crains de le presser.
FARHAN.
Ma sœur !
SALÉMA.
Que veux-tu direî
Ah! parle.
Écoute.
FARHAN.
SALÉMA.
Eh bien !
FARHAN.
Je me tais , et j'expire.
SALÉMA.
Ah! quels que soient tes maux, c'est trop être abattu. Du courageux Farhan où donc est la vertu? Que ta sœur te console. Eh ! quels noms sur la terre Sont plus doux que ces noms et de sœur et de frère? Qui nous empêchera, dans nos tendres discours, D'épancher nos douleurs, de nous voir tous les jours? La nuit de tes chagrins deviendra moins profonde ; Heureux dans ces déserts, oubliés^ loin du monde. Nous dirons : Pour s aimer, le ciel y renferma Saléma pour Farhan, Farhan pour Saléma.
Allons j n'attendons pas qu'une langueur obscure
Dans nos cœurs accablés ait éteint la nature...
FARHAM.
Eh bien! j'en vais sentir le charme et la douceur. Je cède à Saléma, j'obéis à ma sœur.
C'est ma sœur qui le veut, c'est l'amour qui me guide, L'amour, le tendre amour que j'ai... pour Odéide, Pour mon père, pour toi, pour Ténaïm. Je sens Que déjà ce bonheur a ravi tous mes sens...
SALÉMA.
Et moi, je goûterai sous les yeux de mon père Ce plaisir si touchant de consoler un frère.
FARHAN.
Je vois mon père, ô ciel! Sortons de ce côté.
( à paitj, avec joie. ) Allons, je n'ai rien dit.
SALÉMA, à paîl, a vec joie.
Mon secret m'est resté.