‹ OEuvresChapitre 239 sur 299 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

PHAIIASMIN.

Saléma!... De sa sœur je recherche la main.

F ARHAN.

Quoi ! sa sœur ! Odéide !

l'HARASMIN.

Oui , sa sœur.

FARIIAN.

Pharasmin !

Tu ne me trompes pas?

PHARASMIN.

Non , non , c'est elle-même.

F A R H A N , apjhs un long silence. Quelle était mon erreur!

PHARASMIN.

Depuis long-temps je laime.

FARHAN.

Et tu peux l'épouser; rends grâce à ton destin. Moi , je cède à mon sort. Adieu , cher Pharasmin. Que l'amour le plus doux, l'amour pur et timide, Charme à jamais ton cœur et le cœur d'Odéide. Vivez long-temps heureux dans ces déserts sacrés , De vous-mêmes connus , et du monde ignorés ! De ton bonheur du moins j'emporterai l'image. À ta vertu , bien tard, hélas ! je rends hommage ; Mais, Pharasmin, 'pardonne à la fatalité De ce cruel amour dont je fus tourmenté. Quand je n'y serai plus , ami , sous cette tente

Prends pitié d'Abufar, de Salcma mourante. Qu'elle ignore à jamais qu'un frère malheureux Puisa dans ses regards ces détestables feux. C'est l'amour qui t'a fait adopter l'Arabie. Honore par tes mœurs ma race et ma patrie. Et moi , loin de ces lieux je vais dans les combats , Non chercher des lauriers, mais chercher le trépas. Je ne cours qu'à la mort , et non pas à la gloire. Cher Pharasmin, adieu; ne hais pas ma mémoire. Souviens-toi de Farhan, long-temps ton ennemi, Mais qui connut ton ame, et qui meurt ton ami. Je pars en l'adorant, pur et digne encor d'elle.

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