ACTE I, SCÈNE III. 4o
El des filles du Styx réveiller le courroux,
Quand leurs regards vengeurs sont arrêtés sur nous.
POLYMCE.
Ainsi les souverains, si fiers du diadème, Sont les esclaves nés de leur grandeur suprême. N'est-il donc plus permis, voyant des malheureux, De plaindre leur disgrâce, et de s'armer pour eux? (^ue dis-je? si j'en crois l'oracle qu'on m'oppose, La Grèce est donc coupable en défendant ma cause ! D'autres croiront, seigneur, sans emprunter vos yeux, Pouvoir venger mes droits sans offenser les dieux. Et qui vais-je attaquer? un oppresseur, un frère Qui m'a fait partager ses fureurs contre un père. Jetez- vous sur mon sort un œil si rigoureux?
THÉSÉE
Aux dépens de son peuple on n'est point généreux.
POLYMCE.
Cette haute vertu. . .
THÉSÉE
Plairait à mon courage ; Mais un roi rarement peut la mettre en usage. Je ne veux point , seigneur, par de nouveaux combats , À l'exemple d'un père , accabler mes États. Que n'a-t-il moissonné des lauriers légitimes ! Mais il m'apprit du moins de plus douces maximes. C'est lui qui m'enseigna que tout homme était né Pour offrir un asile à l'homme infortuné. , Ali ! si le charme heureux de ce climat paisible.
4o6 OEDIPE À COLON E.
Pouvait...
POLYNICE
Avec ma haine il est incompatible.
Vous n'avez point, seigneur, de droits à soutenir, D'Étéocle à combattre , et de frère à punir. Je ne vous presse plus de venger mon outrage. Il me reste mon bras, ma haine, et mon courage. Prince, il faut qu'il expire, ou m'arrache le jour. Mon camp m'appelle. Adieu. Je sors de votre cour.
( // son. )