ACTE m, SCI>^K III. 43y
Qui m'ôtes mes amis, mes cnfans, ii)on épouse...
Et quelle épouse, ô ciel! OEdipc, ali! quelquefois ,
Si les tristes soucis, qu'où lit au front des rois.
Avaient du moindre troid)le altéré mon visajje,
Un mot seul d'Antiope , écartant le nuage ,
Y ramenait le calme et la tranquillité.
Son œil s'ouvrait sur moi, j'étais moins agité.
Que dis-je? en ces momens, où notre ame plus tendre
Dédaignait les discours pour mieux se faire entendre.
Un long enchantement confondait nos deux cœurs.
J'aimais, je la voyais, je goûtais les douceurs
D'un silence attentif qui la rendait plus belle.
Je ne lui parlais pas ; mais j'étais auprès d'elle :
Et je la perds , OEdipe !
oi:niPK.
Infortunés époux , Il manquait à mon sort de retomber sur vous! Quel bonheur j'ai détruit! Votre père respire; Par les plus sages lois vous réglez votre empire ; L'hymen n'est point un crime à vos yeux innocens; Vous pouvez sans frémir embrasser vos enfans ; Ils sont votre espérance, et non votre supplice : Vous n'avez point pour fils un ingrat Polynice. Lorsqu'à votre bonheur tout semblait concourir, Thésée, était-ce, hélas! vous qui deviez mourir '
THÉSÉE
Cédez moins aux douleurs de votre ame abattue
44o OEDIPE À COLONE.
OEDIPE
Vous mo tendez les bras, et c'est moi qui vous tue.
THÉSÉE
Le ciel a ses desseins ; l'oracle a prononcé,
OEDIPE
Pourquoi loin de vos yeux ne m'avoir pas chassé?
THÉSÉE
A vos rares vertus j'aurais fait cette injure!
OEDIPE
Ignoriez-vous mon nom?
THÉSÉE
J'écoutais la nature.
Pour secourir OEdipe , au moins j'aurai vécu.
OEdipe est accablé; vos malheurs l'ont vaincu.
THÉSÉE
Vous vivrez, je le veux. C'est l'espoir qui me reste. >i'accusez point ici votre destin funeste : Souffrez, mais comme OEdipe; et, pour dernier effort, Mettez votre constance à supporter ma mort. On trompe mon épouse ; elle est sans défiance : Daignez de ce mensonge appuyer l'innocence. OEdipe, vos malheurs, commencés en naissant, Vous ont aux maux d'autrui rendu compatissant : Eloignez de ses yeux la vérité cruelle. ()uand je ne serai plus , que vos soins auprès d'elle Adoucissent du moins l'horreur de mon trépas; I-]llc en aura besoin, ne rabandonnez pas.