ACTE III, SCÈNE
Il rend suspects au roi mon zêlc et mes secours; Interrompu soudain...
FRÉDÉGONDE
Va, je peux t'en instruire; Ce qu'il ne t'a pas dit, je saurai te le dire. INIacbetli , ton cœur se trouble , il a peme à porter Le poids d'un grand dessein qui semble t'agiter. Que méditeriez-vous? Répondez-moi, vous dis-je!
MACBETH
Je ne médite rien.
Quelque soin vous afflige.
Peut-être votre songe occupe votre esprit.
MACBETH
Je pense quelquefois à ce qu'il m'a prédit.
FRÉDÉGONDE
Vous n'auriez pas reçu de funeste nouvelle?
MACBETH
Une lettre est venue.
FRÉDÉGONDE
Eh bien! qu'annonce-t-elle?
MACBETH
Je ne la lirai point.
FRÉDÉGONDE
Par quels motifs secrets Négligez- vous, seigneur, de si grands intérêts?
MACBETH
Il est des jours d'ennui, d'abattement extrême.
48 MACBETH
Oîi riiommo le plus forme est à char(je à liil-ménie. Pendant l'accès mortel de nos profonds dégoûts, Que le temps qui s'enfuit marche à pas lents pour nous! De noirs pressentimens notre ame embarrassée Soulève un poids fatal dont elle est oppressée. Que cette nuit est longue!
Eh ! que ne songez-vous À tout ce que le sort a déjà fait pour vous? Il a de vous pourtant rapproché la couronne.
MACBETH
Rien n'est contraire encore à l'espoir qu il me donne. Le reste m'est caché.
FRÉDÉGONDE
Mais enfin je ne voi Que trois princes, Macbeth, entre vous et le roi. Qui sait si le destin...
MACBETH
Vain doute où je me plonge !
Si l'avenir pourtant justifiait mon songe! Je ne sais quel espoir m'en flatte et m'en répond.
FRÉDÉGONDE
A ce premier oracle ose en joindre un second.
MACBETH
Et quel est-il?
FRÉDÉGONDE
Macbeth, ma laute est excusidjle.
Ah! j'ai voulu sortir d un doute insupportable.