‹ OEuvresChapitre 50 sur 299 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

FRÉDÉGONDE, MACBETH

FRÉDÉGONDE

Eh bien! que ferons-nous?

Le sceptre te plaît-il? Quand tu Tas osé prendre. Quand il est dans ta main, crois-tu devoir le rendre?

MACBETH

Déjà !

FRÉDÉGONDE

Le temps est cher, il faut nous décider. Le sceptre cependant est facile à garder.

MACBETH

Comment! explique-toi.

FRÉDÉGONDE

Ce billet est son titre ; Tu le tiens dans ta main, toi seul en es l'arbitre, Tu peux régner, Macbeth , sans répandre de sang.

Il est vrai,

FRÉDÉGOÏS'DE.

Te voilà dans le suprême rang.

72 MACBETH

Anéantis ce titre, et {jarde la couronne.

La nuit cacha le coup, aucun ne te soupçonne.

MACBETH

J'en conviens.

FRÉDÉGONDE

Tu verras, tranquille et sans regrets, Malcome trop heureux rentrer dans ses forets. D'ailleurs , après les maux d'une guerre barbare , Tu dois à ta patrie un roi qui les répare.

MACBETH

Je le voudrais du moins., , Duncan n'avait-il pas Avec Glamis, dis-moi, résolu mon trépas?

FRÉDÉGONDE

Va, Nolfock me l'a dit; notre mort était sûre.

Tu sens donc dans ton cœur toujours quelque murmure?

MACBETH

Ces souvenirs souvent reviendront me troubler,

FRÉDÉGONDE

Sans doute.

Ah! je le crois. Vois-tu ma main trembler? Ce billet de Duncan renouvelle ma crainte,

FRÉDÉGONDE

Ah! tout peut aisément en réveiller l'atteinte.

Si tu cédais encore à des remords soudains !

Remets, mon cher Macbeth, ce billet dans mes mains,

MACBETH, après ai^oir clouté pendant un instant. Non : je veux le garder. Sans oser davantage,

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