ACTE II, SCÈNE VII. é
HUBERT
Je n'ai rien tiré de sa bouche.
Il se tait froidement sur tout ce qui le touche.
LE KOI.
Il laut, mou cher Hubert, les observer tous deux.
HUBERT
Sire , plus que jamais je veillerai sur eux.
LE ROI
Mais en douté-je, Hubert? N'ai-je pas vu ton zèle? Par-tout, dans tous les temps, tu m'es resté fidèle. Mon ami, je le sais, je peux compter sur toi. Névil cherche à me plaire, il ferait tout pour moi. De mes moindres chagrins il comprendrait la cause. Mais, Hubert, c'est sur toi que mon cœur se repose. Sur toi... Je t'aime, Hidjert.
HUBERT
Croyez, sire...
LE Ror.
Aujourd hui ^ Si mon front ta paru triste et chargé d ennui, Ce n'est pas sans sujet : la foudre est sur ma tête. Déjà, pour m'assurer d'un port dans la tempête, J'ai doublé les soldats, les postes de la tour; J'en ai fait mon rempart, mon espoir, mon séjour. Avec ÎSévil et toi j'en défendrai la porte. Je veux qu'aucun mortel n'y pénétre et n en sorte.
HfJBF.RT.
Que craignez- vous?
î34 JEAN SANS-TERRE.
LE BOI
Le peuple examine mes droits.
Il a souvent exclu, repris, chassé ses rois. Ce peuple, ces complots, ce vieillard, tout me gêne. J'entends l'Anglais qui gronde et frémit dans sa chaîne. C'est cet Arthur encor que l'on veut délivrer.
HUBERT
Ah! pour lui vainement on ose conspirer.
LE ROL
Malheur aux criminels ! leur péril est extrême. Je ne suis point encor lassé du diadème.
HUBERT
Mais vous régnez.
LE ROI
Hubert, je Tois sur mon chemin Un serpent qui...
HUBERT
Parlez.
LE ROI
Qui m'épouvante.
HUBERT
Enfin?
LE ROI
Qui s accroît tous les jours... qui vit dans ce lieu même... Que tu connais,
HUBERT
Arthur?