ACTE II, SCÈNE VII. i
LE ROI
C'est lui. Le rang suprême, Le jour, tant qu'il vivra, me seront odieux. Je crois le voir, Tcntendre, à toute heure, en tous lieux. Il faut de ce tourment qu'enfin je me délivre.
HUBERT
Vous voulez donc sa perte, et qu'il cesse de vivre?
LE ROI
Oh non 1 je ne veux point ordonner son trépas. Il n est point nécessaire.
ifc HUBERT.
Il ne mourra donc pas?
Mais... quels sont vos désirs?
LE ROI
Tu sais que l'Angleterre Croit ses yeux dès long-temps fermés à la lumière ; Qu'il ne peut plus régner. Si , combattant pour lui , Le peuple dans la tour me forçait aujourd'hui; S il voyait, d'un faux bruit reconnaissant la fable ;, Que de régner sur eux il est encor capable ; Par son amour pour lui , par sa haine pour moi , Arthur, n'en doute pas, serait bientôt leur roi. Il faut, mon cher Hubert, sans que rien nous retienne, Il faut que ce faux bruit...
HUBERT
Achevez.
LE ROI
Qu'il devienne
i36 JEAN SANS-TERRE.
Vrai , vrai. Tu m'as compris , tu peux tout dans ce lieu ; Tu ne veux point sa mort. Sauve ton maître. Adieu.
{Il sort.)