SCÈNE PREMIÈRE
HUBERT, seul.
Quoi! je trouve par-tout un obstacle invincible!
Le roi fuit mes regards ; ce monstre est invisible !
Je n ai pu lui parler; Névil est avec lui.
Cher Arthur, c est ta mort qu'on prépare aujourd'hui!
De quelques joiu's du moins s il différait son crime,
Je parviendrais peut-être à sauver la victime.
Mais il est inquiet, défiant, soupçonneux.
S'il se chargeait lui seul du ministère affreux...
Oui, c'est la mort d'Arthur qu il demandait peut-être.
Et Névil , instrument des désirs d'un tel maître,
Névil, ce courtisan de la faveur épris,
Qui court à la fortune et l'achète à tout prix ;
S il trouvait, ce Névil, un moment si funeste,
Le roi n'a qu'à parler, par un mot , par un geste ,
Il y verra d'Arthur l'anêt et le trépas.
Il briguera ce meurtre , et nhésitera pas.
i3B JEAN SANS-TERRE.
Je n'en saurais douter, si tu ne perds la vue,
O mon prince, tu meurs, et c'est moi qui te tue !
Oui, par pitié... je dois, il le Faut... Non, jamais.
Soleil , cache le jour à de pareils forfaits !
Cher enfant ! ... Il s'approche. Ah ! contre tant de charmes ,
Dans mon cœur déchiré, comment trouver des armes î
Que faut-41 faire , ô ciel !