‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 100 sur 167 · SUITE · texte numérisé non relu

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ISMÈWE.

Quelle injustice!

Sapor, vous me quittez ponr courir au supplice. Arrête , cher amant , je vole sur tes pas M'uuir à toi du moins dans le sein du trépas ; Tu ne mourras pas seul. Retirez-vous, perfides ; Laissez-moi l'arracher à des mains parricides. Et vous offrir un cœur que vous puissici percer ;

iiS SAPOR.

Traîtres, éloignez-vous. Mais je ne puis passer. Ceu'est donc que pour moi qu'on devient pitoyable : On punit l'innocent, on pardonne au coupable. Ail! seigneur, suspendez un arrêt plein d'horreur ; Ordonnez de ma main, disposez de mon cœur : Par ces sacrés genoux , que je tiens , que j'embrasse , Détournez sur moi seule un coup qui le menace ; Au nom de ce qui fut le plus cher à vos yeux , Au nom de notre hymen , seigneur, aunom des dieux !

ZÉNOEIE.

Finissez un discours dont ma fierté murmure, Ma fille : une faveur est pour nous une injure Lorsque notre ennemi la dispense à nos soins ; Nous pourrions , vous et moi , l'eu haïr un peu moins ; Et les jours de Sapor, quelque amour qui nous presse , Seraient trop achetés d'une telle faiblesse.

ISMÈWE.

Madame, en ce moment peut-être ce héros Rend les derniers soupirs sous le fer des bourreaux, Ah! cruels ! de quel saug vous arrosez la terre ! Barbares, redoutez les éclats du tonnerre; Suspendez vos couteaux, désarmez vos fureurs. Ah! seigneur! Mais je vois vos secrètes horreurs : Pfon, vous ne voulez pas que ce héros périsse; Yotre cœur désavoue une telle injustice ; Je le sais , je le vois. Ah ! parlez, courez tous , Allez vous opposer à ces iudignes coups ; L'empereur vous l'ordoune, allez ; j 'y cours moi-même. Seigneur. .

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