SCENE II
ZÉNOBIE , seule.
Im[)atiens transports , eufaus de ma vengeance. Qui jetez daus mou cœur un rayou d'espérance ,
«4 SAPOE.
-Que je me plais d'entendre au gré de ma fureur î
Murmurer votre voix dans le fond de mon cœur;
Mais VOUE me flattez trop , et mon ame égarée
ITe suit qne la fureur dont elle est enivrée.
Slallieureuse princesse! où vas-tu t'emporter?
De quel espoir trompeur te laisses-tu flatter ?
Ce que tu n'as pu faire, et tant de rois ensemble ,
Avec tout les soldats qne l'orient assemble ,
Quand ton bras s'étendait sur cent peuples divers.
Ta veux doncl'entreprendre, et seule, dans les fersl
Quels secours attends-tu d'une haine impuissante?
Xia couronne long-temps sur ton front fnt flottante;
Tu n'as pn l'empêcher de tomber en éclats;
Tu n'as pu conserver un seul de tant d'états, ,
Et tu veux d'un vainqueur mettre le trône en poudre ! \
Ton bras snr ses lauriers veut allumer la foudre !
Au milieu de son camp , dans le sein de sa cour.
Tu veux que Sabinns... Ah! fuyez sans retour,
ïmpuissans mouvemens de honte et de colère !
Le ciel dans mes malheurs ne veut pas que j'espère;
Quand je l'implorerais, ce ne serait qu'en vain ;
A mes vœux , à mes cris il est toujours d'airain.
Tflais pourquoi de ses traits voudrais-je encor me plaindre ?
Trop contente en effet de ne pouvoir plus craindre.
Je ne t'accuse point, ô ciel ,de tes rigueurs;
Tu m'as rendue heureuse à force de malheurs ;
Quelque soit le courroux dout tu m'as poursuivie.
En me persécutant , ta fureur m'a servie ;
Et, pour fruit de tes coups, sans nombre confondus.