ZÉNOBIE, THÉONE
ZÉNOBIE
Ah ! reviens-douc , Théone , Calmer l'impatience où mon cœur s'abandonne. Que t'a dit Sabinus ? Viendra-t-il dans ces lieux? Le verrai-je ?
THÉOîfE.
Bientôt il se montre à vos yeux :
Dans ce même palais je l'ai trouvé, madame ; ^ Votre ordre et votre nom ont porté dans son ame TJu plaisir dont soudain ses yeux ont éclaté. Mais pardonnez madame à ma témérité.
Si, suivant trop peut-être un transport de tendresse. Je cherche à m'iuformer du trouble qui vous presse. Aujourd'hui, plus sensible à vos cruels malheurs , Le temps ne fait en vous qu'irriter les douleurs; De vos cris plus fréqueus ces voûtes retentissent; De pleurs renouvelés vos beaux yeux s'obscurcissent Tout me fait craindre cncor quelques malheurs uouveaua,
66 SAPOR
ZÉKOBrE.
Tu ne reuds pas justice à l'excès de rues maux , /Si tu crois que du ciel l'iujuste barbarie De ses traits courroucés puisse attaquer ma vie; Et tu ne counais pas l'excès de mes malheurs, Si tu crois l'avenir boa à sécher mes pleurs. Sur les ailes du temps la tristesse ordinaire S'évanouit souvent et devient plus légère : Mais mes maux ne sont pas de ceux qu'il peut guérir ; Chaque jour, chaque iustaut ne sert qu'à les aigrir. Crois-tu donc qu'oubliant la gloire où j'étais née A ces cruels destins je me tienne enchaînée, Et que cent fois le jour par des chemins divers Je ne songe eu secret qu'à m'échapper des fers? Que dis-je ? est-ce le terme oii mou courage aspire ? Non, ce n'est pas assez de me rendre à l'empire; Trop de honte en un jour a fait rougir mon front; Théone, il faut du sang pour laver mon affront : Si je n'en puis tirer par la force des armes , On m'aime,espérons tout du pou voir de mes charmes. Tu sais qu'après un siège aussi long que fâcheux , Lasse de fatiguer le ciel de tant de vœux , Et d'opposer ces mura pour toute ma défense , Sans force , sans secours , même sans espérance , Mes plus vaillaus soldats par le fer immolés , Les remparts de Palmire aux sillons égalés , Je fus contrainte enfin , sans bru it, presque sans suite^ Dans l'ombre de la nuit d'envelopper ma fuite, Et d'aller, m'arrachaut au bras de mon vainqueur,.