SCENE ir. s»z
C'est parler comme il faut en faveur d'un oiirrage : L'auteur vous eu remercîra.
MADEMOrSELLE BEA.UVAL.
L'auteur est mou ami ; je l'estime , je l'aime.
M. DAIiCOUR.
Vous le prouvez très-bien , vraiment !
MADEMOISELLE BEAUVAL
Sans doute. Je n'en veux pour juge que lui-même. Et, s'il avait voulu suivre mon sentiment, Ou qu'il eût eu moins de paresse...
M. DANCOUR.
Eh! qu'eût-il fait ?
MADEMOISELLE BEAUVAL
Il eut , premièrement ,
Changé le titre de la pièce.
Qui ne lui convient nullement.
Il promet trop, il a trop d'étendue;
Et chacun, sitôt qu'on l'entend,
Porte indifféremment la vue
Sur toute sorte d'accident
Dont peut l'amoureuse manie Embarrasser l'organe du génie
Le plus sage et le plus prudent.
M. DAÎÎCOUR.
Mais à qui diantre ave/.-vous ouï dire Tous les grauds mots que vous répétez là ?
MADEMOISELLE BEAUVAL
Comment donc , s'il vous plaît! que veut dire cela ?
Ma foi, mousieur, je voas admire !
Il semble aux gens, parce qu'ils savent lire , Qu'où ne saurait parler aussi bien qu'eux I
Vous êtes de plaisans crasseux ?
M. DAIïCOrR.
Mille pardons , mademoiselle ;
Je ne prétends point tous fâcher :
J'en sais la conséquence, et je ne veux tâcher Qu'à finir au plutôt la petite querelle Qu'assez à contre-temps vous paraissez chercher,
MADEMOISELLE BEACVAL.
Qui ? moi , chercher querelle ! Eh bien ! la médisance !
Parce que naturellement.
Avec simplicité je dis ce que je pense ,
Que j'avertis le public bonnement Qu'une pièce n'a rien du titre qu'on lui donne...
M. DAITCOCR.
Oui, vous êtes tout-à-fait bonne !
MADEMOISELLE BEAUVAL
Eh bien ! monsieur, pourquoi me chagriner ? Vraiment , je vous trouve admirable !
On me fait passer pour un diable , Moi , qui comme un mouton suis facile à mener.
M. DAKCOUR.
S'il est ainsi, laissez-vous donc conduire ; B.entrez dans les foyers ; songez à commencer.
MADEMOTSELLE BEAUVAL.
Commencer, moi! Non, vous arezbeau dire.