‹ ŒuvresChapitre 145 sur 212 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

MADEMOISELLE BEAUVXL.

Hélas !

MADEMOISELLE DESBROSSES

Oui, de quelques raisons qu'on puisse le combattre. Si l'on veut l'obliger, on ne la jouera pas.

MADEMOISELLE BEAL'VAL.

Ou ne la jouerait pas? Eh! pourquoi, jevousprie? L'auteur l'entend fort bien ! Il serait beau , ma foi , Que messieurs les auteurs nous donnassent la loi!

Oh ! contre sa mutinerie, Puisqu'il le prend ainsi, je me révolte, moi; Pour le faire enrager, je prétends qu'on la joue.

MADEMOISELLE DESBROSSES

Venez donc lui parler. Tout le moude s'enroue Pour lui faire entendre raison.

M. DANCOUR.

Mais peut-être en a-t-il quelques-unes ?

MADEMOISELLE BEAUVAL

Lui ? Bon !

Ses raisons ne sont pas meilleures que les nôtres. La pièce est sue; il faut la jouer , vous dit-on. Appuierez-vous , monsieur, ses raisons?

M. DAîîCOUR.

Pourquoi non ? Vous m'avez déjà fait presque approuver les vôtre*.

MADEMOISELLE BEAUVAL

■^Mardienue, monsieur, finissez.

Je n'aime pas qu'on me plaisante.

Avec votre sang-froid...

aj6 PROLOGUE.

M. DAirCOUR.

Que vous êtes cbarinaulc, Lorsque vous vous radoucissez !

MADEMOISELLE BEAUVAL

Je suis la douceur même, et je ne me tourmente Que quand les choses ne vont pas

Selon mes intérêts, ou selon mon attente ; Mais quand ou me fâche, en ce cas Je deviens vive, et je suis pétulante.

M. DAKCOCR.

Venez donc employer votre vivacité ,

Et déployer votre éloquence , Pour faire revenir un auteur entêté:

Mais, au moins, point de pétulance.

MADEMOISELLE BEAUVAL

Mais d'où vient son entêtement ?

MADEMOISELLE DESBROSSES

Il dit qu'on prend plaisir à décrier sa pièce ! Qu'on n'a pour les auteurs aucun ménagement;

Qu'un si dur procédé le blesse ;

Que Ton blâme son dénouement ; Que vous, vous condamnez son titre.

MADEMOISELLE BEACVAL.

L'auteur ment Je n'en dis jamais rien. Est-ce que je me mêie D'aller prôner mon sentiment ?

Ce sont bien là mes allures, Traimeot!

M. DAITCOUR.

Pour cela, non; mademoiselle

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