‹ ŒuvresChapitre 108 sur 134 · PRÈS DE LA REINE ^ANGLETERRE · texte numérisé non relu

PRÈS DE LA REINE ^ANGLETERRE

dessus, et chevauchèrent vers Cantorbie, et partout où ils s'arrestoient et venoient, tout estoit payé et délivré de par le roy. Et chevauchèrent tant que ils vindrent à Eltem, et là trouvèrent le roy Henry et de son conseil assés par raison. Le roy Henry leur fîst bonne chière pour l'amour du roy do France auquel il se sentoit ' tenu grandement 2. Messire Charles de Labreth remonstra au roy ce pour quoy il estoit là venu et envoie. Le roy respondy ad ce et dist : « Vous vous trairés à Londres, et je seray là dedens quatre « jours etauraylà mon conseil, et serés respondu de tout « ce que vous demandés. » Il leur souffist assés, etdisnèrent ce jour aveuc le roy, et puis après disner ils montèrent à cheval et chevauchèrent à Londres, et avoient tousjours le chevallier du roy qui les loga en 3 Grigerche 4 tout au large et à leur aise, et oncques ne les laissa, mais fut tousjours en leur compaignie.

Le roy d'Angleterre vint à Londres, ainsi que dit avoit, et au palais de Wesmoustier, et les seigneurs de France furent signifiés de sa venue et se ordonnèrent pour aler vers luy. Et quant on les manda, le roy avoit aveuc luy son conseil, et estoient advisés de ce que ils dévoient respondre à iceulx seigneurs de France, et furent respondus selon leur demande. Ils disoient que ils estoient venus en Angleterre et là envoies de par le roy de France et la royne pour veoir leur fille la jeune royne d'Angleterre. Et leur fut dit : « Seigneurs, nous ne vous voulons pas « 5 véer 6 que vous ne l'aies veoir : mais, avant que ce soit, « vous nous jurerés souffissamment que de chose nulle qui « advenue soit en Angleterre, ne de Richart de Bour- « deaulx, ne d'autre chose, vous ne parlerés, ne ferés « parler homme des vostres. Et, se vous faisiés, ne aliés

*** Moult tenu. — 3"* Gricherche. — M Dénoyer.

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