LE SIRE DE LEEUWERGHEM
et finance faitte, quant elle seroit menée et composée jusques à là, et en faire sa debte, quelle que la somme fuist, devers l'Amourath, et lesdis seigneurs de France remettre et renvoier à Venise ou sus le povoir des Vénissiens ; et il luy certiffioit seurement que, si trestost que il pourroit sentir et savoir que ils seroient parvenus jusques à là, il personnellement n'entenderoit jamais à autre chose, si seroit venu à Venise, et s'en feroit la finance et délivrance.
A ces paroles et prières de sire Dinde Responde s'inclina et descendy le dit Jennevois, tant pour le prouflit et bon gré qu'il en pensoit à avoir, que pour l'amour du roy de France; car à tel roy on doit ' et puet oyr 2 et l'oreille tendre. Et m'est advis, selon ce que je fuy alors infourmé, que, à ces traittiés faire, le roy de Chyppre qui pryé en estoit du roy de France et du duc de Bourgoingne et lequel avoit jà fait et envoyé dons et présens à l'Amourath, qui moult luy plaisoient , envoya de ses plus espéciaulx de i'isle de Chyppre. Et aussi le sire de Matelin et le sire 3 d'Ampne \ deux grans 5 barons de Grèce, et assés en la grâce et amour de l'Amourath-Bacquin s'en 6 ensonnyèrent \ et tout pour complaire au roy de France et au duc de Bourgoingne ; car sans ce moyen ils n'en euissent riens fait.
Pour tant que la Turquie est ung pays moult grant et mal à main pour errer et pour chevauchier hommes et seigneurs qui ne l'ont pas apris, neaccoustumé, quant le roy Basaach descendi ad ce que il entendy aux traittiés de la délivrance, regardé fut en son conseil que on amenroit tous les prisonniers franchois en la ville de Bruse en Turquie, et là se concluroient les traittiés. Si y furent amenés messire Jehan de Bourgoingne, conte de Nevers, et les autres seigneurs de France, dont il y avoit jusques à vingt-cinq ;
Bien obéyr. — •"* D'Abyde. — 8 Seigneurs et. — '*7 Empeschôrent.