‹ ŒuvresChapitre 39 sur 134 · TYRANNIE · texte numérisé non relu

TYRANNIE

moyens dentre le roy d'Angleterre et ses oncles. Et vint le roy Richart à accord et à paix parmy tant que il prommist que de ce jour en avant il 1 s'ordonneroit 2 tout entièrement par le * duc de Lancastre et ne feroit riens 4 hors de son conseil 5. Mais de ceste parole et prommesse il ne 6 tint7 riens et se mésusa plus après que devant, et se laissa fourconseillier de très-mauvais conseil, dont trop grandement il luy meschéy, ainsi que vous orés recorder 8 avant 9 en l'istoire.

Ainsi vint le roy Richart d'Angleterre à paix à ses oncles de la mort du duc de Glocestre 10 leur frère n , et commença à régner assés plus fièrement que devant, et s'en vint tenir son estât en la conté de Excesses qui terre et pays avoit esté au duc de Glocestre et devoit estre à son fils Offrem, hiretier de la ditte terre ; mais le roy prist tout en saisine par devers luy, et l'ordonnance est telle en Angleterre que le 'roy a en garde tous les héritages des enffans qui demeurent orphenins de père 12 dessoubs l'eage 13 de u vingt-et-ung ans, et puis leur sont rendus leurs héritages. Le roy Richart prist la garde de son cousin et héritier de Glocestre, et attribua toutes ses terres et possessions à son prouffit, et mist Offrem le jeune héritier demourer delés luy, et la duchesse de Glocestre et ses deux filles delés sa femme la royne. Le duc de Glocestre en son vivant estoit de 15 douaire de 16 droit connestable d'Angleterre, mais il osta cet office et ce droit à l'iretier, et le donna au conte de Rosteland son cousin. Et commença le dit roy à tenir si grant estât que oncques n'avoit eu roy en Angleterre qui à cent mille nobles par an despendesist autant que le dit roy faisoit. Et tenoit pareillement à sa court l'éritier d'Aron-

Se gouverneroit. — 3 Conseil du. — *s Sans luy en demander. — 6"7 Fisi. — 8-9 Cy-après. — 10-" Son oncle. — " Et de mère. — ,M« Tant que ils ont. — *5ia Son.

del, fils au conte d'Arondel lequel il avoit fait décoler à Londres, ainsi que cy-dessus est dit. Et pour ce que l'un des chevalliers du duc de Glocestre, qui se nommoit 1 Cerber 2 en parla une fois trop avant à rencontre du roy et de son conseil, il fut prins et tantost décolé. Messire Jehan Lacquingay en fut aussi en grant péril ; mais, quant il vey que les choses se portoient diversement, il s'en dissimula 3 au 4 mieulx que il peult et sceut, et se départy de Fostel de la duchesse de Glocestre sa dame et ala ailleurs faire sa demeure.

En ce temps n'y avoit si grant en Angleterre, qui osast parler de chose que le roy fesist , ne voulsist faire ; et il avoit conseil propre pour luy, chevalliers de sa chambre qui Fenhortoient à faire tout ce que ils vouloient. Et tenoit le roy à ses gaiges et à sa délivrance bien deux mille archiers qui continuellement nuit et jour le gardoient, car il ne se tenoit pas bien asseuré de ses oncles, ne de ceulx du lignage du conte d'Arondel.

En ce temps se fist une très-grande assamblée de prélats et seigneurs en la cité de Rains tant de l'empire d'Allemaigne, comme du royaulme de France, et fut la cause telle que pour remettre l'Eglise en union. Et fist tant le roy de France par prières et par bons moyens que le roy d'Allemaigne son cousin vint à Rains atout son conseil. Et pour ce que on ne veult pas donner à entendre générallement que ceste assamblée se fesist tant seulement pour parler des papes, de celluy qui se tenoit à Romme et de celluy qui se tenoit en Avignon, les seigneurs mirent hors et firent courir renommée, et apparant en fut, que le roy d'Allemaigne et

* * Cerbet.. Cerbée. — s-4 Le.

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