LE COMTE MARÉCHAL KT LE COMTE DE DERBY
« heure de y pourveir. Or y pourvéés : sans nulle faute
« le vous disons et conseillons pour bien. » — « Et com-
« ment? dist le roy. Parlés oultre et ne m'espargniés
« point1, carjevueil ouvrer en toutes choses de raison
« et tenir justice 2 en mon royaulme , sique 3 on dira que «je suis bien 4 conseillié. » Si dirent ceulx qui parloient
à luy : « Sire, commune renommée court parmy Angle-
« terre et par espécial en la cité de Londres qui est la
« souveraine et le chief de tout vostre royaulme, que vous
<( estes cause de ce fait et que vous avés fait traire avant
« le conte Mareschal pour combatre le conte d'Erby, et
« dient les Londriens générallement , et moult de nobles
« et prélats de ce pays, que vous aies le droit chemin pour
« destruire vostre lignage et le royaulme d'Angleterre , les-
« quelles choses ne vous seront point souffertes. Et , se les
a Londriens s'eslièvent contre vous et les nobles aveuc
« euls, qui leur y ra au devant? Vous n'avés nulle puis-
« sance, selle ne vient de vos hommes. Et encoires de
« rechief, plus que oncques mais, il y a une moult grande
« souspechon et périlleuse pour la cause de ce que par
« mariage vous vous estes alyé au roy de France, de
« laquelle chose vous estes de vos gens mains amé. Et
« sachiés que, se vous faittes ces deux contes venir ensem-
« ble en armes l'un contre l'autre, vous ne serés pas sires
« de la place, mais le seront les Londriens aveuc grandes
« aliances de nobles hommes, lesquels 5 ont en ce pays,
« et 6 tout le royaulme 7, à l'amour et faveur du conte
« d'Erby. Et tant est escheu en grant hayne et malevueil-
« lance le conte Mareschal de toutes gens et par espécial
« des Londriens, que il gist en si dur party et mauvais que
« on le vouldroit avoir occis 8 au frait 9 et aventure du
1 A moy tout dire. — *"s Si avant que. — M Je seray. — "Ils. — •-' Tous. — 8-° Aux frais.