SE REND A PARIS
appartenoit, et priât le chemin tout droit à Amiens, et, par toutes les villes de France où ils passoient, ils estoient 1 moult joyeusement receus de toutes gens 2.
Si tost que messire Guillemme de Haynnau, conte d'Ostrevan, qui se tenoit au Quesnoy, peut sentir, ne sçavoir que le conte d'Erby son cousin avoit passé la mer et venu à Calais, il ordonna messire 3 Anchiau 4 de Trasignies et messire Fier-à-Bras de Vertaing ses chevalliers à chevauchier vers Calais et aler quérir le dit conte d'Erby et luy prier que il voulsist venir esbatre ou pays de Haynnau et là demourer, et il luy feroit grant 5 plaisir 6 et aussi à la contesse d'Ostrevan sa femme. Les deux chevalliers au commandement du conte se départirent du Quesnoy et chevauchèrent vers Cambray et vers Bapasmes ; car nouvelles leur vindrent que le conte d'Erby estoit départy de Calais et avoit prins le chemin 7 de Paris. Si s'advisèrent les deux chevalliers dessus nommés sur ce et chevaulchèrent au devant, et firent tant par leur exploit que ils trouvèrent le conte d'Erby et sa route. Si parlèrent à luy, et firent leur message bien et à point , ainsi que chargiés et endittés estoient du faire, et tant que le conte d'Erby les remerchia, et aussi son cousin de Haynnau qui là les envoioit ; et s'excusa en disant que son chemin pour le présent se ordonnoit de aler en France, mais pas ne renonchoit à l'amour et courtoisie que son cousin d'Ostrevan luy présentoit. Ce message fait, les deux chevalliers prindrent congié au dit conte d'Erby et retournèrent arrière en Haynnau, et recordèrent audit conte d'Ostrevan tout ce que veu et trouvé avoient. Et le conte d'Erby et sa route chevauchèrent tant que ils 8 arrivèrent à 9 Paris. Quant les nouvelles vindrent au roy, au duc d'Orléans son frère et à leurs oncles, que le
'-• Liement recueillis. — 3-4 Ansel. — *-" Chière. — ' De la cité d'Amiens et. — 8-9 Approchèrent.