MISSION DE L'ÉVÉQUE DE CAMBRAY
bien et à point, et fut pour lors tenue secrète, tant que le roy de France ot delés luy plus grant congrégation des prélats et des nobles de son royaulme, par lesquels il se vouloit conseiller. l Et fist le roy une convocation des prélats de France et des nobles 2, et vindrent tous à Paris.
En devant ces besoingnes, aucuns prélats de France, tels que l'archevesque de Rains, messire Guy de Roye, l'archevesque de Rouen, l'archevesque de Sens, l'évesque de Paris, l'évesque de Beauvais avoient trop soustenu l'oppinion du pape d'Avignon et par espécial de Clément pour 3 ce 4 qu'il les avoit avanchiés 5, et ne furent 6 point appelles à ce conseil , mais autres prélats avec le conseil de l'université de Paris.
Quant l'évesque de Cambray ot, oyant tous, remonstré comment il avoit exploitié à Romme et la response de ce Boniface et de ses cardinaulx et aussi la response du roy d'Allemaigne (car son retour il avoit fait par luy), ils se misrent tous en conclave, et m'est advis que l'université ot la grant voix et à la plaisance du roy et de son frère le duc d'Orléans et de leurs oncles et de ceulx qui appelles estoient à ce conseil. Et fut dit et déterminé que de fait le roy envoiast messire Bouchicault son mareschal ens es parties d'Avignon, lequel feist tant, fuist par traittié ou autrement, que Bénédict se soubmesist de sa papalité et se ordonnast de tous poins par le conseil et ordonnance du roy de France, et que l'Eglise fuist neutre par toutes les mètes et limitations du royaume de France, jusques à ce jour que par
12 Quant le roy de France eust ouïe la response que l'évesque de Cambray luy fist du pape Boniface de Romme , et comment le roy d'Allemagne avoit respondu qu'il convenoit premier sousmettre celuy qui s'escrivoit pape Bénédic et se tenoit en Avignon, il fist une convocation des nobles et prélats de son royaume. — 3~* Tant. — 8 Et bénéficiés. — 8 Par l'ordonnaûce du roy ces six prélats.
accord l'Eglise seroit remise et retournée en unité, et, l'union faite, par le sens et décret des prélats ad ce députés les choses retournassent à leur droit.
Ce conseil sembla bon à tous et fut accepté du l roy 2 de France et de tous les autres 3, et furent institués 1 evesque de Cambray et le mareschal de France pour aler en Avignon. Si se départirent de Paris ces deux seigneurs assés tost après ces ordonnances faittes, et cheminèrent tant ensemble que ils vindrent à Lyon-sur-le-Rosne, et là se départirent l'un de l'autre, et eurent advis et ordonnance que le mareschal de France se tenroit là tant que il auroit nouvelles de Tévesque de Cambray qui tout devant chemineroit et yroit oyr quelle response celluy qui se disoit en Avignon pape Bénédict, feroit sus les paroles et requestes qui faittes luy seroient de par le roy de France, et tant exploit ta le dit évesque que il vint en Avignon, et là se loga en la grant 4 fustrie 5. Jà savoient bien aucuns cardinaulx quel chose il demandoit et requéroit puisqu'il venoit de par le roy de France ; mais ils s'en dissimulèrent tant que ils l'orent ouy et veu les manières et paroles de ce Bénédict d'A"vignon.
Quant l'évesque de Cambray fut descendu et raffreschy à son hostel et renouvelle dabis, il se départy et s'en ala au palais, et fîst tant que il fut en la présence de ce pape Bénédict. Si luy fîst 6 révérence ainsi comme à liiy appartenoit et non pas si très- grande comme se il le tenist à vray pape et fuist tenu par tout le monde, quoyque il l'euist pourveu de leveschié de Cambray ; mais ce que fait en estoit, tout avoit esté par la promotion des seigneurs de France.
L'évesque de Cambray, comme sur tous bien enlangagié en latin et en franchois, commença 7 sa parole 8 sus bonne
**• Royaume. — 3 Qui y assistoient. — *-5 Fusterie. — 6 La. — 7-8 A parler.