‹ ŒuvresChapitre 60 sur 134 · LE MARÉCHAL BOUCIQUAUT ASSIEGE · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL BOUCIQUAUT ASSIEGE

chai le séneschal de Biauquaire à bien cinq cens combatans, et gardoit là l'entrée d'Avignon.

Le mareschal de France qui 1 là entour se tenoit à bien deux mille combatans et 2 d'autre part oultre Avignon, manda aux hommes d'Avignon que, se ils n'ouvroient leur ville et 3 venissent 4 à obéissance, il leur feroit ardoir toutes leurs vignes et leurs manoirs que ils avoient au plat pays et à l'entour d'Avignon jusques à la rivière de 5 Durense 6. Ces paroles et manaches esbahirent très-grandement hommes et femmes de la cité d'Avignon qui leurs héritages avoient au dehors, et se mirent ensemble au conseil sans point aler par devers le pape. En leurs consauls appallèrent aucuns cardinauls tels que le cardinal d'Amiens, le cardinal de Poittiers, le cardinal de Noeuf-Chastel, le cardinal de Viviers et plusieurs autres pour estre mieulx conseilliés.

Là proposèrent les hommes d'Avignon qui le plus y avoient à perdre , comment le mareschal de France les menachoit à faire ardoir leurs vignes et leurs manoirs , et tout ce faisoit faire le roy de France, contre lequel ils ne povoient obvier, ne résister, car il leur estoit trop grant et trop prouchain, et que, tout considéré, mieulx leur valloit obéyr au roy et aux François que tenir une oppinion périlleuse, car de ce Bénédict ils ne povoient nullement estre aydiés, ne confortés ; et demandèrent aux cardinaulx se ils se vouloiènt 7 aherdre 8 aveuc euls. Les cardinaulx respondirent que oyl, car vivres leur commençoient à défaillir, et vivre 9 leur 10 convenoit, et si avoient leurs " maisons 12 dedens Avignon, et leurs bénéfices, rentes et revenues dedens le royaulme de France : si ne les vouloiènt pas perdre. Ainsi furent d'accord les cardinaulx et les hommes

V? Se tenoit bien à deux mille combatans. — z-* Venoient. — 56 Durance. — 78 Joindre... Adhérer. — 9"10 Les. — ,4\" Mansions.

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