‹ ŒuvresChapitre 62 sur 134 · LE MARÉCHAL P.OUGIQUAUT ASSIÈGE · texte numérisé non relu

LE MARÉCHAL P.OUGIQUAUT ASSIÈGE

Le roy d'Arragon vey bien les lettres de ce Bénédict et les lisi tout au long ; mais il n'en l tint 2 compte, et en respondy à ceulx qui delés luy estoient : « Et cuide ce près - « tre que pour ses argus aidier à soustenir, je doye pren- « dre la guerre contre le roy de France ! On me tenroit « bienàmalconseillié. » Respondirent les chevalliers : « Sire, « vous dittes vérité. De tel cas vous ne vous avés que faire « 3 d'ensonnier 4 ; et devés sçavoir et congnoistre que le roy « de France a bien de si bon conseil delés luy que tout ce il a fait à juste cause. Laissiés le clergié convenir ; car, se « ils veulent vivre, il 5 fault 6 que ils obéissent aux sei- « gneurs dessoubs lesquels ils ont leurs rentes et revenues ; « ils les ont trop longuement tenues en paix. Il fault qu'ils « sentent et congnoissent dont le bien leur vient. Et jà vous « a le roy de France rescript et pryé que vous vous déter- « miniés aveuc luy à estre neutre ; si le faittes, car madame « la royne vostre femme, qui est sa cousine germaine, s'i « accorde, et aussi font la greigneur partie de ce royaulme « et du clergié, par espécial en Catelongne et aussi d'Es- « paigne. Et nous tenons que ce soit toute la meilleure « oppinion ; car autrement, se tous les seigneurs crestiens « ne le font, certes l'Église, tant que à ces deux 7, si Ion- « guement qu'ils vivent, ne 8 sera point en-9 union. »

Ainsi se devisoient les hommes nobles du roy d'Arragon au roy leur seigneur, et le roy àeuls. Et ce pape Bénédict se tenoit enclos en son palais 10, qui bien cuida estre aidié du roy d'Arragon, mais point ne le fut. Et demoura en son palais, et le mareschal de France entour Avignon, et estoit le palais de si près gardé que nuls n'y entroit, ne n'en sailloit, et vivoient là dedens de ce qu'ils avoient. De vivres

Fist. — 5-4 D'entremettre. — •-• Convient. — ' Papes. •-9 Peut venir à. — • Meilleure. — ,0 En Avignon.

Page 1