‹ ŒuvresChapitre 76 sur 134 · SE REND EN BRETAGNE · texte numérisé non relu

SE REND EN BRETAGNE

Quant le duc de Bretaigne entendy ces paroles, si dist : « Beau nepveu, l vous estes en dur party. Vous demandés « conseil, et je vous conseille que vous devés croire les Lon- « driens, car ils sontgrans et puissans. 2 Je suis piècha in- « fourme de tout ce que le roy Richart se mésuse aveuc vous3, « et pour ce vous ferés ce qu'ils vouldront, aveuc le moyen « des prélats , barons et chevalliers que vous avës ou pays. « Et je vous aideray de navie, de gens d'armes et d'arba- « lestriers pour les adventures des rencontres qui pourroient « venir sur la mer. » De ceste parole et offre remerchia grandement le conte d'Erby le duc de Bretaigne son oncle.

Ainsi se portèrent ces ordonnances fîablement et trèsamoureusement faittes du duc de Bretaigne et du conte d'Erby , et s'esbaty le dit conte en Bretaigne aveuc le duc ung espace de temps, et monstroit que il vouloit là demourer. Ce terme pendant on fist toutes les pourvéances sus ung havène de mer, et m'est advis que ce fut à Vennes; et là vindrent le duc et le conte, et quant il fut heure et que le vent estoit bon pour aler en Angleterre, le conte d'Erby et toute sa route montèrent en mer et entrèrent en ces vaisseaulx , et là avoit en la compaignie du conte trois • vaisseaulx 4 armés 5 de gens d'armes et- d'arbalestriers pour conduire le dit conte pour aler en Angleterre.

La navie désancra 6 et entra en la mer, et plus cheminoient avant vers Angleterre, et plus avoient bon vent. Et tant singlèrent que sur deux jours et deux nuits ils vindrent prendre terre à Pleumoude , et yssirent des vaisseaulx et

1 De tous chemins on doibt prendre le meilleur et le plus propice pour luy. — *-5 Et de ce que fera le roy Richart, de tout ce suis-je bien infourmé. — **■ Garnis. — 6 Du havre.

Page 1