LE COMTE DE DERBY ABORDE EN ANGLETERRE
entrèrent en la ville petit à petit l . Le bailly de Pleumoude qui la ville avoit à garder et le port de par le roy d'Angleterre, fut tout esmerveillié quant il vey tant de gens d'armes et d'arbalestriers ; mais l'archevesque de Cantorbie l'appaisa et luy dist que c'estoient gens d'armes qui ne vouloient que tout bien en Angleterre et que le duc de Bretaigne les envoioit là pour servir le roy et le pays ; et sus ces paroles le 2 gardien du port et de la ville s'appaisa, et le conte d'Erby se couvry et cela, ne oncques homme de la ville ne le vey, qui le peuist congnoistre, et se tint tout quoyement en une chambre.
Si trestost que le conte d'Erby fut retrait à hostel, l'archevesque de Cantorbie escripvy unes lettres de sa main et séella, et prist ung de ses hommes et le fîst tantost partir et chevauchier vers Londres pour porter ces nouvelles du conte d'Erby. L'omme exploitta et chevaucha si- bien, et tant prist de ville en ville nouveaulx chevaulx que sus le point du jour dont estoient arrivés la nuit, il vint à Londres et entra dedens et passa la porte du pont de la Tamise, car point n'estoit fermée ; et vint à l'ostel du 3 maire 4 de Londres, et le trouva encoires en son lit. Incontinent que le maire de Londres sceut qu'il estoit là venu de par l'archevesque de Cantorbie, si sailly sus et fîst l'omme entrer en sa chambre, et celluyt présenta ses lettres au maire de par l'archevesque. Le maire les prist, ouvry et lisi , et se resjouy grandement de ces nouvelles, et s'ordonna à lever tantost et prist de ses varlets et les envoya d'hostel en hostel vers ceulx par lesquels principaument le conte d'Erby estoit mandé ,
1 Tant qu'ils y furent tous. — - Bailly et. — 3-4 Mayeur.