‹ ŒuvresChapitre 146 sur 279 · PARTIE II, LETTRE X. to · texte numérisé non relu

PARTIE II, LETTRE X. to

de moi , pour prix du pardon qu'il daigna m'accorder, que de ne m Opposer jamais au bien qu ii voudroit me faire. Ah ! qu il fasse désonnais ce qu il lui plaira : son aine sublime est au-dessus de celles des hommes, et il n'est pas plus permis de résister à ses bienfaits Qu'à ceux de la Divinité.

Ensuite il me remit les deux lettres qui s'adressoientà moi, lesquelles il navoit pas voulu me donner avant d'avoir lu la sienne, et d'être instruit de la résolution de votre cousine. Je vis , en les lisant , quelle amante et quelle amie le ciel m'a données ; je vis combien il a rassemblé de sentiments et de vertus autour de moi pour rendre mes remords plus amers et ma bassesse plus méprisable. Dites, quelle est donc cette mortelle unique dont le moindre empire est dans sa beauté, et qui, semblable aux puissances éternelles, se fait également adorer et par les biens et par les maux qu'elle fait ? Hélas ! elle m'a tout ravi, la cruelle , et je l'en aime davantage. Plus elle me rend malheureux , plus je la trouve parfaite. Il semble que tous les tourments qu'elle me cause soient pour elle un nouveau mérite auprès de moi. Le sacrifice qu'elle vient de faire aux sentiments de la nature me désole et m'enchante ; il augmente à mes yeux le prix de celui qu elle a fait à l'amour. Non, son cœur ne sait rien refuser qui ne fasse valoir ce qu'il accorde.

Et vous, digne et charmante cousine, vous, unique et parfait modèle d'amitié, qu'on citera seule entre toutes les femmes, et que les cœurs qui ne ressemblent pas au vôtre oseront traiter de chimère; ah! ne me parlez plus de philosophie : je méprise ce trom-

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