‹ ŒuvresChapitre 153 sur 279 · PARTIE II, LETTRE XIII · texte numérisé non relu

PARTIE II, LETTRE XIII

séduire, en est-il d'autres nue la tienne à mes yeux? Que tout conspire à L'arracher île mon cœur; qu'on l<- perce, (mon le déchire, quoi) brise ce fidèle miroir de Julie, sa pure image ne cessera de briller jusque dans le dernier fragment; rien n'est capable de 1 y détruire. Non, la suprême puissance elle-même ne sauroit aller jusque-là, elle peut anéantir mon âme, mais non pas faire quelle existe et cesse de t adorer.

Milord Edouard s est chargé de te rendre compte à son passage de ce qui me regarde et de ses projets en ma faveur* : mais je crains qu'il ne s acquitte mal de cette promesse par rapport à ses arrangements présents. Apprends qu'il ose abuser du droit que lui donnent sur moi ses bienfaits , pour les étendre au-delà même de la bienséance. Je me vois, par une pension qu'il n'a pas tenu à lui de rendre irrévocable, en état de faire une figure fort au-dessus de ma naissance; et c'est peut-être ce que je serai forcé de faire à Londres pour suivre ses vues. Pour ici, où nulle affaire ne m attache, je continuerai de vivre à ma manière, et ne serai point tenté d'employer en vaines dépenses 1 excédant de mon entretien. Tu me las appris, ma Julie, les premiers besoins, ou du moins les plus sensibles, sont ceux d'un cœur bienfaisant; et tant que quelqu'un manque du nécessaire, quel honnête homme a du superflu?

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