‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 120 sur 158 · LA POÉSIE ET LA PHILOSOPHIE · texte numérisé non relu

LA POÉSIE ET LA PHILOSOPHIE

Pour servir de prélimùuure et de base à un traité de paix et d'amitié perpétuelle entre l'une et Vautre,

J'ai besoin d'avoir un petit éclaircbsement avec vous : il faut commencer par vous dire mon nom ; vous ne me connaisses guëres , quoique vous vous mélies de me juger. Je suis la Poésie,

LA PHILOSOPHIE

Ah Dieu ! vous ailes me dire encore des vers.

Non , non , ne craignes rien ; cependant si je prenais la liberté de vous aborder avec des vers semblables à ceux que vooi venes d'entendre , je ne vous conseillerais pas , pour votre hoiineur , de vous montrer si difficile. Mais encore une fois ne craignez rien , notre conférence sera en prose ; je veux bien m'abaisser jusque-là , sans tirer à conséquence pour la prééminence de la poésie.

LA PHILOSOPHIE

Vous ressemblez à ces princes qui , en faisant avec la Fi'ance leurs traités de paix en langue française, ont bien soin de stipuler que par Vusage de cette langue, ils ne prétendent reconnàUro aucune supériorité dans la nation qui la parle. Ils ne voient pat l'avantage qu'ils, accordent à la France par cet excès même de

Page 1