‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 124 sur 158 · ABRÉGÉE · texte numérisé non relu

ABRÉGÉE

Ljk ville de Genève est située sur deux collines , à l'endroit oii finit le lac qui porte aujourd'hui son nom , et qu'on appelait iac Léman. La situation en est trës-agréable ; on voit d'un c6të le lac , de l'autre le Rhône , aux environs une campagne riante,

' Depuis Pannëe lySS, où cette préface a para , jusqu'à la fin de 1757, les aatears de rEncydopédîe ont joni d'une asses grande tranquiftiuS. Ce n'est pas qu'ils n'aient été souvent attaqués par des critiques injurieuses ; mais comme ces critiques étaient purement littéraires, ils n'y avaient lait aucune attention, et laissaient an public le soin d'apprécier leur traTail. Enfin Ja haine a franchi les bornes qu'elle paraissait s'être prescrites. Dana âe» libelles distribués publiquement ( et onyertement protégés ) les auteurs de rEncjdopédie ont été repràentés comme des hommes sans probité ec sans mœors , quoi qu'on n'ait pas cité une seule ligne dans sept Tolnmes , pour appuyer des accusations si atroces. L'auteur de cette préface a cru de- Toir demander justice , moins pour lui-même ( car il n'était pas personnellement atuqué dans ces libelles ) que pour le bien d'un ouvrage qui paraissait mériter quelques égards et quelque appui. La justice qu'il demandait lui ayant «lé refusée , il a reconnu , peut-être trop tard , que rien ne pouvait mettre désormais l'Encyclopédie à couvert des imputations les plos graves et les plus injustes, et de l'espèce d^inquisition qu'on se préparait à exercer contre elle. Il a donc pris le sage parti de se bonier désormais uniquement dans ce diocionnaire à la partie mathématique, qui ne peut être sujette ni aux clamenn des faux télés, ni aux chicanes d'on reviseur, et qui d'ailleurs est la seule pour laquelle il ait contracté avec le public âé» engagemens solennels. Ub ouvrage tel que l'Encyclopédie a besoin de liberté; la religion et l'État doivent y être respectés sans doute ; mais il doit être permis d'y donner carrièrt à des opinions purement philosophiques , sans avoir à craindre ni les oonstfquences odieuses , ni les applications malignes ; autrement il est impofèible de se livrer avec goût, et par conséquent avec succès , à un travail qui , de* vaut être de longue haleine , n'ofiire en perspective à ses auteurs que des vexations de toute espèce à essuyer pendant l'espace de dix à doute ans; vexations encore plus nuisibles au bien de l'ouvrage , qu^ la tranqnillilé de «eux qui y consacrent leurs veilles. Plus on s'éloigne de la jeufiesse, plut on «st porté à prendre pour devise ces vers d'Horace :

lUe poteiu sui Lœtiuque deget, eui licet in diem, Dixiite^ F'UL ^

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