DÉCLARATION
k la sainle Écriture , qui nous parle , non d' n purgatoire ' , mais du paradis et de Tenfer , oii chacun re ivra sa juste rétribution j selon le bien ou le mal qu'il aura i it dans cette vie. Cest en préchant fortement ces grandes Yé*ités que nous tâchons de porter les hommes à la sanctification.
Si on loue en nous un esprit de modération et de tolérance , on ne doit pas le prendre pour une marque d'indifférence ou de relâchement. Grâces à Dieu , il a un tout autre principe. Cet esprit est celui de l'Évangile , qui s'allie trës-bien avec le zèle. D'un c6té la charité chrétienne nous éloigne absolument des voies de contrainte, et nous fait supporter sans peine quelque diversité d'opinions * qui n'atteint pas l'essentiel , comme il y en a eu de tout temps dans les églises même les plus pures : de l'antre , nous ne négligeons aucun soin , aucune voie de persuasion pour établir, pour inculquer, pour défendre les points fondamentaux du christianisme.
Quand il nous arrive de remonter aux principes de la loi naturelle, nous le faisons à l'exemple des auteurs sacrés; et ce n'est point d'une manière qui nous approche des déistes; puisque, en donnant à la théologie naturelle plus de solidité et d'étendue que ne font la plupart d'entre eux , nous y joignons toujours la . révélation , comme un secours du ciel trës-nécessaire ' , et sans lequel les hommes ne seraient jamais sortis de l'état de corruption et d'aveuglement oti ils étaient tombés.
' Si par hasard il était vrai que I^glise de GenéTe ne crût pas les peines étemelies dans le sens rigonreox de ce mot, alors, soivant cette Église, il n'y aurait plus proprement d^enfer , mais seulement nn pui^gatoire , et Tauteur de l'artide Geniue aurait raison dans ce qu'il a avancé sur ce sujet. La différence des noms ne fait rien au fond de la chose.
■ On aurait désire des exemples de cette dwersité et opinions qui n'atteint pas fettentieL Car cette diversité d'opinions pourrait tomber sur des articles qui, selon d'antres Eglises, même protestantes, seraient très-essentiels 4 la religion , comme l'éteruité absolue et rigourense des peines de l'enfer , la trinité, l'incarnation, etc.
' Voilà encore on mot qu'il aurait fallu expliquer ; d'autant qu'il est de sotoriété publique , qu'un des principaux ministres de Genève , qui a joui d'une asses grande considération dans son Église , ayant parlé dans la première édition d'un de ses ouvrages, de la nécessité de la révélation , a changé ce mot dans les éditions suivantes pour y substituer celui à^utUité, Or la dutance est grande de ce qui est nécessaire, k ce qui est simplenient utile. Est-ce par ménagement pour leur confrère que les ministres de Genève n'ont pas expressément proscrit en cette occasion le terme d'utilité dont il s'est servi ? mais de pareils ménagemens doivent-tls avoir lieu , dans un écrit oii cet ministres ont pour but de lever les soupçons qu'on a voulu répandre sur leur foi? Enfin les ministres de Genève regarderaient-ils les termes de nécessité on d*utilité, comme pouvant être indifféremment employés dans cette matière , et comme un des exemples de cette diversité d'opinions qu'ils supportent tans peine at qui n'atteint pas l'essentiel? Si ce n'est pas U leur fa-