AU PÈRE REY
JIÊSUITE, AUMÔiriBR DES PRISOIfNIERS DE GRENOBLE.
iVLoN RÉTÉREin) PÈRE , que je suis touché des soins généreux que vous donnez à ces victimes infortunées ! Quelle douce jouissance pour une âme aussi noble , aussi sensible que la vôtre , dont les qualités précieuses demeurent trop long-temps cachées sous le voile de la modestie ! pardonnez si j'ose en révéler le secret : lorsque l'éloge est une justice, il ne blesse ni celui qui le donne , ni celui à qui on l'adresse. Vous seriez bien aimable s'fl vous prenait fantaisie de venir passer quelques jours à Bou— quéron. Je tâcherais de ravir à votre âme ces étaux de cadavres défigurés que nous voyons toujours à nos portes , et dont se rit le scélérat fataliste. Adieu , mon révérend père.
Je suis bien sincèrement , votre trës-humble et très-obéissant serviteur ,
D'Alembert.
A Mi*", de DOL^**,