LA LIBERTÉ PEU FAITE POUR LE FRANÇAIS
Vices de caractère et d'éducation qui le disposent à la servitude»
Image de notre révolution.
Non, la liberté n'est point faite pour nous : nous sommes trop ignorants, trop vains, trop présomptueux, trop lâches, trop vils, trop corrompus, trop attachés au repos et aux plaisirs, trop esclaves de la fortune pour connaître jamais le prix de la liberté. Nous nous vantons d'être libres! pour sentir à quel point nous sommes esclaves, il suffit de jeter un coup d'œil sur la capitale et de voir les mœurs de ses habitants.
Nous ressemblons si parfaitement aux Romains, sous les despotes qui les tyrannisaient après la perte de la Répu-
(1) Le numéro du lendemain, 21 juillet (N" 525), de ÏAmi du peuple fut saisi à rimprimerie, et le journal fut suspendu, faute d'imprimeurs, jusqu'au 10 août. Le 10 août, il réapparut en réimprimant le numéro qui, le 21 juillet, avait été saisi chez l'imprimeur. « Si le ciel daigne se mêler des choses d'ici-bas, disait-il, puissent ces monstres devenir bientôt l'objet de son ire vengeresse ! Puisse le peuple, soulevé à la fois dans tous les coins du royaume, les immoler à sa juste fureur! » Pendant tout le mois d'août, VAmi du peuple parut avec des interruptions qui indiquent les obstacles que rencontrait sa publication. Mais ces diDBcuités ne découragent pas Marat, obligé de chercher encore une retraite plus profonde pour échapper aux poursuites dirigées plus activement que jamais contre lui. — « Quelque danger qu'il y ait aujourd'hui à s'expliquer avec franchise sur le compte des fonctionnaires publics, écrivait-il le 26 août (N" 538), je ne changerai pas de ton, ne sachant point capituler avec mes devoirs, ni trahir ma conscience. Pour moi, le prince ne sera jamais qu'un tyran; ses ministres, des traîtres atroces; ses valets faiseurs de décrets, de perfides scélérats; et presque tous les fonctionnaires publics, des fripons prostitués. Atroces légistes, vous prétendez que la censure ne mord pas sur vous! Soyez donc intègres, soyez des gens de bien, devrais amis de la patrie; c'est le seul moyen convenable d'imposer silence à la calomnie, et de vous faire respecter même des méchants. »
"bliqiie, qu'il est impossible de lire les satires vi, vn et viii de Juvénal, écrivant sous Domitien, sans reconnaître nos femmes galantes, nos gens de lettres et nos jadis nobles, dans la peinture qu'il fait de ceux de Rome. Mais c'est dans la satire xni que les Parisiens peuvent se reconnaître, au tableau qu'il fait de l'avarice, delarapacité, de la fraude, de la friponnerie, de la perfidie, du brigandage et des crimes de toute espèce qui souillaient Rome.
Je passerai sous silence ces traits caractéristiques pour tracer le portrait qu'il fait de la soldatesque romaine; nous y reconnaîtrons trait pour trait nos gardes nationaux : même insolence, même licence, même impunité et mêmes privilèges. Voici quelques fragments de la satire xvj, qui contient ce tableau :
« Nul citoyen, dit l]auteur, n'oserait frapper un soldat ; « en fût-il frappé lui-même, il faut qu'il dissimule , et qu'il « se garde bien d'aller montrer au préteur ses meurtrissures « ou ses blessures
0 S'il poursuit son agresseur, on lui donne pour juge un « tribunal militaire, assisté de farouches ofllciers. Il est «•juste, dit-on, que la connaissance des délits militaires « appartienne aux ofïiciers. Fort bien! répondez-vous; mais « cela n'empêche pas, si une plainte est fondée, qu'ils ne « me rendent justice. Pauvre sot, ne voyez-vous pas toute « la cohorte s'élever à l'instant contre vous ? Pour venger « votre iniure, irez vous donc vous exposer à de nouvelles « insultes plus graves que les premières?... Quel homme « serait assez zélé, assez courageux pour oser vous servir « de témoin? Croyez-moi, n'exigez point même de vos « amis ce dont ils vous prieraient de les dispenser... Sachez « qu'il est plus facile de trouver un faux témoin contre le « citoyen sans défense que d'en trouver un véridique « contre un soldat protégé... »
Qui ne croirait que c'est là l'esquisse fidèle de la protection et de l'impunité accordées aux |)ousse-culs et aux coupe-jarrets nationaux du général Lafayette, contre tous les citoyens non armés?...
Hommes lâches et corrompus, cessez de vous plaindre de
VOS fers, des outrages auxquels vous êtes exposés, de la tyrannie qu'on déploie contre vous! Comment pourriezvous jouir de vos droits? vous les méconnaissez. Comment pourriez-vous les défendre? vous n'en sentîtes jamais le prix. Il faut des lumières, du courage, des soins, des comîsats, pour conquérir la liberté; pour la conserver, il faut de la constance, et une vertu à l'épreuve des fiitigues, des privations, de la misère, de la faim, des périls, de la douleur. Non, non, elle n'est point faite pour une nation ignare, légère et frivole; pour des citadins élevés dans la crainte, la dissimulation, la fourbe, le mensonge; nourris dans la souplesse, l'intrigue, la flagornerie, l'avarice, l'escroquerie; ne subsistant que de fiiponneries et de rapines, ne soupirant qu'après les plaisirs, les titres, les décorations, et toujours prêts à se vendre pour de l'or.
Aussi, après s'être soulevés à la fois contre la tyrannie qui menaçait de mettre leurs maisons au pillage, et avoir désarmé les satellites du tyran, — lésa t-on vus à l'instant s'agiter et courir après les emplois et les places lucratives, dès qu'il a été question de changer la forme du gouvernement; ensuite piller le public sans pudeur , puis se rallier autour de la cour, lorsqu'il a été question d'établir la loi de l'égalité (I); puis se vendre au despote pour enchaîner le citoyen indépendant : tandis que le citadin avare et inepte pressait le ciel par ses vœux de rétablir l'ancien régime, le règne de la servitude, auquel nous avons été ramenés peu à peu, après avoir été travaillés deux années entière, par des mouvements populaires et les agitations de l'anarchie.
Il en est de notre révolution comme d'une cristallisation troublée par des secousses violentes : d'abord tous les cristaux disséminés dans le liquide s'agitent, se fuient et se mêlent sans ordre; puis ils se meuvent avec moins de vivacité, se
(1) Il faut aux artistes, aux gens de leUreset aux savants^des courtisans et des riclies à servir et à flagorner; aux marchands et aux artisans, des riches à servir; aux intrigants, des capiialisles; aux faiseurs d'affaires et aux fripons, des fils do famille à dépouiller; aux oisifs, des spectacles et des jeux; tout le reste ne les intéresse nullement.
{Note de Murât.)
rapprochent par degrés, et ils finissent par reprendre leur première combinaison et par se rejoindre étroitement.
(N" 552. — Du 11 septembre 1791.) NOTICE.
Jeudi dernier le roi, sa femme et sa sœur ont été extrêmement applaudis, en se rendant à la chapelle, j>ar deux mille mouchards placés sur le passage. Ces applaudissements n'ont coiité à la nation que la somme de 10,000 livres^ dont le tiers a été compté aux batteurs de mains, et les deux tiers restent dans la poche de leurs directeurs..., suivant l'usage. Comment regretter pareille misère pour un témoignage aussi pur de l'amour et de la vénération du peuple, témoignage non moins glorieux pour le public que flatteur pour le monarque et sa famille? Aujourd'hui la troupe des batteurs de mains sera doublée; à la somme fixée par la police, l'intendant ajoutera 2,000 écus; il vient de se concerter avec le directeur en chef de la bande et les sieurs Bailly, Motier et d'André, sur les précautions à prendre pour que ces marques d'approbation publique soient portées jusqu'à l'enthousiasme, jusqu'à l'ivresse. Comme on a arrêté de distribuer force bourrades aux spectateurs qui auraient la malhonnêteté de ne pas faire chorus, et de couper la figure aux séditieux qui auraient le malheur de laisser paraître quelque signe d'improbation, nous invitons ceux qui ne se sentent {)oint de goût pour ces caresses, à ne pas se trouver dans la foule.
(N" 55'(. — Du l.î ?ep eiiibre 1791.) PARALLÈLE DE L'ANCIEN ET DU NOUVEAU RÉGIME.
Il n'est donné qu'aux politiques consommés, aux pen-
it)
seurs profonds, de juger à la lecture des lois constitutionnelles d'un Étal, du degié de liberlé, de sûreté et de bonheur dont doit jouir le peuple sous leur empire. Quant à la multitude, elle a besoin de voir longtemps le jeu de la machine du gouvernement, c'est-à-dire de voir l'application des lois à une uiultilude de cas particuliers.
Peut-être le parallèle du nouveau régime à l'ancien sera-t-il pour mes lecteurs le meilleur moyen d'apprécier notre nouvelle Constitution.
Sous l'aricien régime, le roi réunissait tous les pouvoirs, usurpés ou délégués, et il les exerçait tous par ses agents immédiats, à l'exception du pouvoir judiciaire, qu'il laissait aux tribunaux. On l'aurait cru tout-puissant; mais quelle résistance ne rencontrait- il^pas souvent à l'exécution de ses ordres !
Les édits d-^ son conseil étaient réputés lois; mais ces lois n'avaient d'effet qu'autant qu'elles étaient enregistrées, c'est-à-dire sanctionnées par les cours de parlement : ces cours de judicature étaient donc les arbitres de la puissance législative qu'il exerçait lui-même. Sans doute il avait la force en main pour les obliger d'enregistrer; mais aussitôt qu'il voulait employer la violence contre l'une d'elles, il les voyait toutes se réunir contre lui. Le peuple qui regardait les parlements comme ses défenseurs, et qui les appelait les pères de la patrie, ne manquait presque jamais de se déclarer pour eux; aussi le législateur était-il souvent forcé lui-même de suspendre ses projets et de révoquer ses édits. On se rappelle la résistance extrême que Louis XY éprouva de leur part au sujet de son édit qui anéantissait la procédure contre son ministre accusé des plus noirs attentats, et la résistance plus victorieuse encore (jue Louis XVI éprouva au sujet des édits sur l'impôt terriiorial et l'établissement du timbre.
Les cours de parlement réunissaient dans leur sein les pairs du royaume. Le corps de la magistrature faisait donc cause commune avec la noblesse et le clergé, contre le législateur, lesquels l'arrêtaient aussi quelquefois, chacun de
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leur côté, l'un en lui opposant ses préjugés d'honneur, l'autre en lui opposant ses immunités.
Sous le nouveau régime, toutes ces barrières ont été renversées. Le roi, il est vrai, n'a plus la puissance législative, mais il dispose à volonté du législateur, dont il peut seul arrêter les entreprises, dont il peut même se jouer et qu'il vient de traiter en valets. La manière dont il a reçu de leurs mains l'acte constitutionnel, après le leur avoir fait dénaturer à son gré, met le sceau de l'évidence à cette triste vérité. Le roi a donc infiniment gagné à ne plus exercer immédiatement la puissance executive. Il n'est plus législateur, mais il en est le maître; il ne fait plus les lois, mais il les fait faire ; et comme il paraît actuellement reçu que tout doit fléchir devant les décrets des pères Conscrits, en faisant passer ses ordres par leur organe, il ne trouve plus de bornes à ses volontés et il se décharge sur les faiseurs de décrets de l'odieux que lui auraient attiré des édits injustes et arbitraires, A cet égard, Louis XVI, plus puissant que jamais, est donc beaucoup plus redoutable à la liberté publique.
Sous l'ancien régime, le roi avait la puissance executive; il l'a de même sous le nouveau régime, avec cette différence, qu'il ne choisit que ses principaux agents et qu'il laisse au peuple levain privilège ou plutôt l'embarras de nommer les agents subalternes.
Sous l'ancien régime, les revenus publics étaient censés le patrimoine du roi; il les dépensait à son gré ou plutôt il les laissait dilapider au gré de ses ministres et de ses favoris; mais il restait toujours chargé aux yeux du public de l'abus qii'ils en avaient fait, et cet abus, qui lui aliénait toujours le cœur des peuples, a plus d'une l'ois com-promis son autorité.
Sous le nouveau régime il a l'administration suprême des biens nationaux, la gestion des Huances, les clefs du trésor public, le moule du papier monnaie, et comme il ne paraît pas directement dans la disposition de la fortune publique, il peut la dilapider à son aise, sans êtrechargé de l'odieux des dilapidations, et sans être exposé à en craindre les suites
fâcheuses : le pis qu'il en pourrait résulter pour lui, serait de livrer à la vindicte publique le misérable dont il aurait fait l'instrument de ses déprédations, car jamais la responsabilité ne s'étendra plus loin.
Sous l'ancien régime, le roi était le chef et le dispensateur suprême de l'armée; c'est sur ce corps et par ce corps surtout que son despotisme n'avait point de bornes.
Sous le nouveau régime, il est également le chef et le dispensateur de l'armée. Si son autorité y est moins respectée, c'est que ses agents l'emploient souvent contre le torrent de l'opinion publique, qui, dans tous les pays, fut toujours la reine du monde. Au demeurant, jamais il n'eut plus de pouvoir : puisqu'il peut faire massacrer ceux qui refuseraient de se soumettre à ses ordres, avec l'avantage de rejeter sur les faiseurs de décrets l'horreur qu'inspirerait une pareille atrocité.
Sous l'ancien régime, les hautes cours de judicature quoique sous la main du roi, étaient rarement influencées par la cour. La propriété des charges, un certain esprit de corps et un sentiment de dignité dans quelques anciennes familles de robe contribuaient beaucoup à rendre ces tribunaux indépendants.
Sous le nouveau régime, les tribunaux, composés de quelques suppôts de la chicane, bas intrigants ou nouveaux parvenus, presque toujours mis en jeu par un agent ministériel, accusateur public, et surveillés par un conmiissaire royal, présentent l'image des anciennes commissions d'assassins, dont Richelieu et Mazarin se servaient pour se défaire de leurs ennemis, et que leur prostitution
t proscrire, ménie sous les deux règnes despotiques. Peut-être, dira-t-on qu'il ne s'agit que de choisir pour juges des honmies intègres? Mais il ne s'agissait non plus autrefois que de cela. Si nos anciens juges avaient tous été gens de bien, on n'aurait pas été dans la nécessité de les réformer et d'anéantir leur corps.
Sous l'ancien régime, la police était aux ordres du roi : elle lui est plus encore dévouée sous le nouveau. Ainsi, Louis XVI, roi constitutionnel, n'est pas moins
despote que ne l'était Louis XVI, roi illégitime. Toujours l'extension de sa puissance sera l'objet des eflbrts de ses ministres. Avec plus de moyens qu'autrefois d'exercer un pouvoir arbilraire, il a encore cet avantage, qu'il peut Texercer impunément sous les auspices du Corps législatif, et au moyen des subterfuges de ses agents, de ses suppôts.
Qu'avons-nous donc gagné à la Révolution? Plus d'aisance? Hélas! le peu qui nous restait, nous l'avons perdu : avant la prise de la Bastille, l'or et l'argent étaient communs, les spéculations de nos augustes législateurs nous ont enlevé notre dernier écu, à peine nous reste-t-il quelques gros sols.
Les entrées des villes ont été supprimées; la réduction du prix des denrées devait en être la suite nécessaire; mais loin de baisser deprix, tout a renchéri d'un tiers, grâce à la banqueroute partielle que l'Assemblée nationale a faite sur les assignats, qu'elle n'a point soutenus au pair, et l'accaparement de tout le numéraire.
Si du moins l'on pouvait se procurer des aliments salubres à haut prix; mais le premier de tous est détestable : après trois années fertiles, les accapareurs royaux nous font manger du pain de farines pourries, encore nous menace-t-on d'en manquer.
Les barrières détruites (jusqu'à ce qu'on les relève) ont fait réformer 80,000 employés de la ferme; on pouvait espérer que c'était 80,000 bouches inutiles à nourrir; mais on les a remplacés par 250,000 employés municipaux ou administrateurs de districts et de départements qui pillent le pauvre peuple plus impitoyablement que jamais.
Beaucoup de droits ont été supprimés, ce qui devait diminuer considérablement le poids des impôts; mais il n'en est devenu que plus lourd, surtout pour les habitants des villes. Tel citadin qui ne payait que 2o livres de capitation est imposé à plus de 100 livres de contribution mobilière.
La justice est déclarée gratuite, mais les huissiers continuent leur brigandage; les frais d'expédition sont très-gros;
le temps que l'on perd à courir d'un tribunal à un autre est énorme; de sorte qu'à tout prendre, la justice est plus ruineuse aujourd'hui qu'elle ne Tétait autrefois.
Si du moins elle était exactement rendue ; mais jusqu'ici elle a été refusée à tous les amis de la liberté, ou plutôt elle n'a servi qu'à favoriser les ennemis de la patrie et à opprimer ses défenseurs. Voyez les patriotes du Champde-Mars plongés dans de noirs cachots, tandis que leurs lâches assassins jouissent de l'impunité et de la protection la plus révoltante. Voyez les parents des victimes barbarement immolées à Vernon, à la Râpée, à la Chapelle, à Nancy repoussés par tous les tribunaux, tandis que leurs cruels bourreaux, assurés de l'impunité, insultent encore à leur désespoir, et, parmi les traîtres et les conspirateurs, montrez-m'en un seul jusqu'à ce jour qui ait expié ses forfaits sur l'échafaud?
On nous berce ridiculement des grands mots de liberté, et jamais nous ne fumes plus esclaves. Partout des liens et des fers; à peine pouvons-nous faire un pas sans trouver des entraves. Voulons-nous poursuivre dans l'étranger un débiteur fugitif? au mépris de la déclaration des droits qui laisse à chacun la liberté d'aller, de venir et de vaquer à ses affaires, que de démarches avant d'obtenir la permission ! Il faut aller à la section se faire toiser, donner la nuance de ses cheveux, de son teint; puis courir à la municipalité mettre en montre sa figure, et enfin aller chez le ministre jouer la même parade; encore, après toutes ces courses, n'obtient-on rien qu'on ne soit marchand, tant on craint que les artistes, les ouvriers, les rentiers et les autres citoyens ne prennent le parti d'abandonner une patrie où ils ne trouvent que servitude, misère et oppression.
Pour être réduits à y souffrir les plus cruelles vexations et y périr de misère, était-ce donc la peine de prendre les armes contre nos tyrans et de passer deux années entières dans les veilles, les fatigues et les alarmes? Était-ce la peine d'avoir jeté TÉtat dans les convulsions de l'anarchie; d'avoir dépouillé les pauvres de leur patrimoine et gorgé de leurs
biens les seigneurs de la cour, les infidèles mandataires du peuple?