LE PEUPLE ABUSÉ PAR SES REPRÉSENTANTS
ou les nouveHes trahisons des pères conscrits depuis la prise
du château des Tuileries.
Depuis la prise du château des Tuileries, presque tous les votes du Corps législatif sont de nouveaux artifices, de nouvelles perfidies.
(Marat reproche particulièrement aux députés le décret de convocation de la Convention, par lequel ils avaient décidé que les élections auraient lieu à deux degrés :)
S'il n'tst pas arrêté que l'élection des députés se fera par le peuple en corps, et s'il n'est pas statué que non-seulement tout membre de l'Assemblée constituante et de l'Assemblée actuelle, mais tout citoyen ayant appartenu à quelque ordre ci-devant privilégié ou ayant tenu quelque emploi à la Cour, sera inadmissible à la Convention nationale, c'en est fait du salut de la patrie.
(Marat engage la comumne improvisée, dans la nuit du
(1) Le n" 677 avait paru le 5 août.
9 au 10 aonl, à ne pas déposer ses fonctiens et à veiller aux droits du peuple : )
0 vous, dignes compatriotes dos sections de Paris, vrais représentants du peuple, gardez-vous des pièges que vous tendent ces infidèles députés; gardez-vous de leurs séductions; c'est à votre civisme éclairé et courageux que la capitale doit en partie le succès de ses habitants et que la patrie devra son triomphe. Restez en place pour votre repos, pour votre gloire, pour le salut de 1 empire. Ne quittez le timon de l'autorité publique, remis en vos mains, qu'après que la Convention nationale vous aura débarrassés du despote et de sa race indigne; qu'après qu'elle aura réformé les vices monstrueux de la Constitution, source éternelle d'anarchie et de désastres; qu'après qu'elle aura assuré la liberté publique sur ses bases inébranlables. Mais pour cela faites révoquer le funeste décret d'élection des députés appelés à la composer. Eclairez le peuple, convoquez toutes les sections à ce sujet •. qu'il déploie sa puissance et qu'il fasse descendre dans la tombe les scélérats qui osent machiner de nouveau et s'opposer à son bonheur.
(IS'o 679. — Du 15 août 1792.)