‹ Œuvres; (volume 2)Chapitre 112 sur 493 · Connaître, par un a, dans toutes les anciennes éditions · texte numérisé non relu

Connaître, par un a, dans toutes les anciennes éditions

IPHIGÉNIE

Hélas ! dans cette Troie où j'étois attendue ,

Ma gloire, disoit-il, m'alloit être rendue;

J'alîois , en reprenant et mon nom et mon rang ,

Des plus grands rois en moi reconnoître le sang.

Déjà je découvrois cette fameuse ville. 445

Le ciel mène à Lesbos l'impitoyable Achille :

Tout cède, tout ressent ses funestes efforts;

Ton père , enseveli dans la foule des morts ,

Me laisse dans les fers à moi-même inconnue ;

Et de tant de grandeurs dont j'étois prévenue , 450

Vile esclave des Grecs, je n'ai pu conserver

Que la fierté d'un sang que je ne puis prouver.

DORIS

Ah ! que perdant , Madame , un témoin si fidèle ,

La main qui vous l'ôta vous doit sembler cruelle !

Mais Calchas est ici , Calchas si renommé , 4 5 5

Qui des secrets des Dieux fut toujours informé.

Le ciel souvent lui parle : instruit par un tel maître ,

Il sait tout ce qui fut et tout ce qui doit être 1 .

Pourroit-il de vos jours ignorer les auteurs?

Ce camp même est pour vous tout plein de protecteurs.

Bientôt Iphigénie , en épousant Achille ,

Vous va sous son appui présenter un asile.

Elle vous l'a promis et juré devant moi2,

Ce gage est le premier qu'elle attend de sa foi.

ÉRIPHILE

Que dirois-tu, Doris, si passant tout le reste, 465 Cet hymen de mes maux étoit le plus funeste?

1 . Ces vers sont imités de ceux d'Homère dans le livre I de V Iliade (vers 69 et 70) :

KâA^aç 0£CTTO|9t'(Jv7Ç, oloiVOTZÔltoV '6%' KpLGTOÇ,

*Os rço Y] ra r' èôvrot, râ. t' èacà pavot, izpo T1 idvra.

2. Nous avons suivi la ponctuation de toutes les anciennes éditions. Luneau de Boisjermain, la Harpe, Geoffroy, M. Aimé-Martin, etc., mettent un point et virgule à la fin du vers précédent, un point à la fin de celui-ci.

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