Connaître, par un a, dans toutes les anciennes éditions
IPHIGÉNIE
Hélas ! dans cette Troie où j'étois attendue ,
Ma gloire, disoit-il, m'alloit être rendue;
J'alîois , en reprenant et mon nom et mon rang ,
Des plus grands rois en moi reconnoître le sang.
Déjà je découvrois cette fameuse ville. 445
Le ciel mène à Lesbos l'impitoyable Achille :
Tout cède, tout ressent ses funestes efforts;
Ton père , enseveli dans la foule des morts ,
Me laisse dans les fers à moi-même inconnue ;
Et de tant de grandeurs dont j'étois prévenue , 450
Vile esclave des Grecs, je n'ai pu conserver
Que la fierté d'un sang que je ne puis prouver.
DORIS
Ah ! que perdant , Madame , un témoin si fidèle ,
La main qui vous l'ôta vous doit sembler cruelle !
Mais Calchas est ici , Calchas si renommé , 4 5 5
Qui des secrets des Dieux fut toujours informé.
Le ciel souvent lui parle : instruit par un tel maître ,
Il sait tout ce qui fut et tout ce qui doit être 1 .
Pourroit-il de vos jours ignorer les auteurs?
Ce camp même est pour vous tout plein de protecteurs.
Bientôt Iphigénie , en épousant Achille ,
Vous va sous son appui présenter un asile.
Elle vous l'a promis et juré devant moi2,
Ce gage est le premier qu'elle attend de sa foi.
ÉRIPHILE
Que dirois-tu, Doris, si passant tout le reste, 465 Cet hymen de mes maux étoit le plus funeste?
1 . Ces vers sont imités de ceux d'Homère dans le livre I de V Iliade (vers 69 et 70) :
KâA^aç 0£CTTO|9t'(Jv7Ç, oloiVOTZÔltoV '6%' KpLGTOÇ,
*Os rço Y] ra r' èôvrot, râ. t' èacà pavot, izpo T1 idvra.
2. Nous avons suivi la ponctuation de toutes les anciennes éditions. Luneau de Boisjermain, la Harpe, Geoffroy, M. Aimé-Martin, etc., mettent un point et virgule à la fin du vers précédent, un point à la fin de celui-ci.