ACTE III, SCÈNE V
Ira-t-elle , des Dieux implorant la justice ,
Embrasser leurs autels parés pour son supplice?
Elle n'a que vous seul. Vous êtes en ces lieux
Son père1, son époux, son asile, ses Dieux2. 940
Je lis dans vos regards la douleur qui vous presse.
Auprès de votre époux, ma fille, je vous laisse.
Seigneur, daignez m'attendre, et ne la point quitter.
A mon perfide époux je cours me présenter.
Il ne soutiendra point la fureur qui m'anime. 945
Il faudra que Calchas cherche une autre victime.
Ou si je ne vous puis dérober à leurs coups,
Ma fille , ils pourron1: bien m'immoler avant vous.
1 . Ce titre de père donné à l'époux rappelle la touchante apostrophe d'Andromaque à Hector [Iliade, livre VI, vers 429 et 43o) :
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« Mais toi , tu es mon père , et ma mère vénérée , et mon frère ; tu es mon brillant époux. »
1. KXvt. Oùx èTza.iiïsGdvÎGOf/.a.î ye TrpouTzsasïv zo abv yevu, ©yyjTÔç sx 0£«ç ysyûza.. Te ykp iyùt gs/j.vÛvo/j.(x.i ; 'Ettî zîvoç anouiïxuzéov fxot pctXXov :?i zéxvou Képi; 'AXX' Ôc/auvov, Si deuiç 7rat, zrj x' è/J-y ou<77rpa£ïa, Ty zs XsydetGy oâ/j.txpzi 0-/3, p.â.ZY)v p.sv} dcJU' o//coç. Sot xaTaa'TS'/'as' èyû vivvjyov, <wç yoc/j.ov/j.év/]vy Nûv eJ" È7rt G'fo.yc/.ç, y.GfxiÇw coi S' o-jziSoç t^srat, "Ogzlç oùx ïj/AUvaç* et yàp fii] yâ-fioiaiv èÇ6"/Y]ç, ,AXX' èxXvjdfjç yovv Ta.).a.îvYi$ Tta.pOévov yîXo: tzoglç.... "0-JO/j.a yc/.p zb <rov fi* à-nuX-tj', &> c' à.p.vvâdeiv ypsûv. Oùx s'yu fict)fj.ov xcf.TKfvy£tv oiXXov >j zb abv yovu.
« clyt. Je ne rougirai pas d'embrasser tes genoux, moi simple mortelle, ô fils d'une déesse. Car de quoi servirait mon orgueil? Quel intérêt plus cher pourrais-je avoir que celui de mon enfant? Prête secours, fils de Thétis, à mes malheurs, à celle qu'on a nommée ta fiancée ! titre trompeur, sans doute, qu'elle a cependant porté. Je l'avais couronnée pour toi, je te l'ai amenée comme pour un hymen ; et maintenant c'est à la mort que je la conduis. Ta gloire sera flétrie, si tu ne prends sa défense ; car si vous n'avez pas été unis par le mariage, on t'a appelé du moins l'époux de cette infortunée.... C'est ton nom qui nous a conduites à notre perte; ne le laisse pas déshonorer. Je n'ai d'autre autel, d'autre asile que tes genoux. 5) (Vers 890-901.)
IPHIGÉNIE