ACHILLE , IPHIGÉNIE
ACHILLE
Madame , je me tais , et demeure immobile.
Est-ce à moi que l'on parle , et connoît-on Achille ? 9 5 o
Une mère pour vous croit devoir me prier?
Une reine à mes pieds se vient humilier ?
Et me déshonorant par d'injustes alarmes ,
Pour attendrir mon cœur on a recours aux larmes?
Qui doit prendre à vos jours plus d'intérêt que moi? 9 5 5
Ah ! sans doute on s'en peut reposer sur ma foi.
L'outrage me regarde ; et quoi qu'on entreprenne,
Je réponds d'une vie où j'attache la mienne.
Mais ma juste douleur va plus loin m'engager.
C'est peu de vous défendre, et je cours vous venger, 960
Et punir à la fois le cruel stratagème
Qui s'ose de mon nom armer contre vous-même 1 .
IPHIGÉNIE
Ah! demeurez, Seigneur, et daignez m'écouter.
ACHILLE
Quoi? Madame, un barbare osera m'insulter?
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a ach. Jan^is ta fille ne sera immolée par son père, après avoir été nommée ma fiancée ; car je ne permettrai pas à ton époux de se servir de moi pour tramer ses perfidies : ce serait mon nom, plus que le fer qu'il lèverait sur elle, qui tuerait ta fille. L'auteur du crime serait ton époux ; mais moi , comment serais-je encore innocent, si elle mourait à cause de moi, à cause de mon hyménée? » (Vers 925-931.)