SCÈNE V
CLYTEMNESTRE, REGINE , ARGAS, Gardes.
ARCAS
N'en doutez point, Madame, un Dieu combat pour vous.
Achille en ce moment exauce vos prières ;
Il a brisé des Grecs les trop foibles barrières.
Achille est à l'autel. Calchas est éperdu.
Le fatal sacrifice est encor suspendu.
On se menace, on court, l'air gémit, le fer brille, i 7o5
Achille fait ranger autour de votre fille
Tous ses amis , pour lui prêts à se dévouer.
Le triste Agamemnon , qui n'ose l'avouer,
Pour détourner ses yeux des meurtres qu'il présage ,
Ou pour cacher ses pleurs , s'est voilé le visage 1 . 1710
Venez, puisqu'il se tait, venez par vos discours
De votre défenseur appuyer le secours.
Lui-même de sa main , de sang toute fumante ,
Il veut entre vos bras remettre son amante ;
1. .... *û,5 S' èssïosv 'AyoïfJLéfJLvctiv avaÇ 'E7Tt o-payàç GT£ixo>J7a.v eiç ôîXaoç x.6pv)v, 'ÂvgffTfi'vaÇe, x&fxnxXiv erpstpaç xxpx àoinpvx itpovjyev, ô/x/uxtuv tzstzaov Tipodsîç.
' «« Lorsqu'Agamemnon vit la jeune fille se diriger vers le bois sacré pour s'offrir au sacrifice, il gémit, et détournant la tête, versa des larmes, après s'être voilé le visage. » (Vers 1 526- 1529.) — Le peintre Timanthe a immortalisé ce trait d'Euripide, dont il s'était inspiré dans son tableau du Sacrifice cPlj'/ùgenie, que Cicéron, Pline l'ancien, Quintilien, Valère-Maxime se sont plu à louer et à décrire.
IPHIGÉN1E.
Lui-même il m'a chargé de conduire vos pas. i 7 i 5
Ne craignez rien.
CLYTEMNESTRE
Moi, craindre? Ah! courons, cher Arcas.
Le plus affreux péril n'a rien dont je pâlisse. J'irai partout. Mais, Dieux! ne vois-je pas Ulysse ? C'est lui. Ma fille est morte, Arcas, il n'est plus temps.