Voyez la fin de la Préface de Phèdre et Hippolyie
3. OEuvres diverses de Bayle (à la Haye, M.DCC.XXXIj, tome IV, p. 567.
4. A la page 497 du manuscrit qui appartient à M. Feuillet" de Conches, et que nous avons déjà plusieurs fois cité.
PHÈDRE
première représentation de la Phèdre fut donnée à Versailles devant le Roi et Mme de Montespan. La Champmeslé ne vouloit point absolument réciter ces vers :
Je ne suis point de ces femmes hardies
Qui goûtant dans le crime une tranquille paix, etc.
Mais M. Racine ne voulut jamais consentir qu'elle les retranchât. Rien des gens les remarquèrent dans la représentation. » Il n'est guère permis de voir dans ce récit de Rrossette une simple distraction, puisqu'il l'appuie sur le souvenir d'une circonstance très-particulière. D'un autre côté, nous devons l'avouer, l'autorité de cet anecdotier n'est pas très-sûre; et sa petite histoire sur l'allusion dont on fut effrayé peut paraître arrangée à plaisir. Il a parlé lui-même tout autrement dans son commentaire de l'épitre VII de Roileau . « Cette épitre, dit-il, fut composée à l'occasion de la tragédie de Phèdre et Hippolyte, que M. Racine fit représenter pour la première fois le premier jour de l'an 1677 sur ^e théâtre de V Hôtel de Bourgogne. » Dans celui de ses manuscrits qui est à la Ribliothèque impériale1, il donne à peu près le même renseignement, quoique d'une manière un peu moins explicite ; l'anecdote qu'il y raconte sur un désaccord entre Racine et la Champmeslé est du reste très-différente de celle que nous avons citée plus haut d'après l'autre manuscrit. Voici cette variante de son récit sur la première représentation de Phèdre : « La tragédie de M. Racine fut représentée pour la première fois le vendredi ier janvier de l'année 1677 par les comédiens de l'Hôtel de Rourgogne. Le dimanche suivant ceux de la troupe du Roi lui opposèrent la Phèdre de Pradon. M. Despréaux avoit conseillé à M. Racine de ne pas faire représenter sa tragédie dans le même temps que Pradon devoit faire jouer la sienne, et de la réserver pour un autre temps, afin de ne pas entrer en concurrence avec Pradon. Mais la Champmeslé, qui savoit déjà son rôle, et qui vouloit gagner l'argent, obligea M. Racine à donner sa pièce. » Les premières de ces lignes reproduisent presque textuellement le passage suivant du Mercure de 1677 : « Le vendredi, premier jour de l'an, les comédiens de l'Hôtel de