ACTE I, SCÈNE II
■ii
Ne vous souvient-il plus , en quittant vos beaux yeux ,
Quelle vive douleur attendrit mes adieux?
Je m'en souviens tout seul. Avouez-le, Madame,
Je vous rappelle un songe effacé de votre âme.
Tandis que loin de vous , sans espoir de retour , 2 o 5
Je nourrissois encore un malheureux amour ,
Contente , et résolue à l'hymen de mon père ,
Tous les malheurs du fils ne vous affligeoient guère 1 .
Hélas \
XIPHARÈS
Avez-vous plaint un moment mes ennuis?
MONIME
Prince — n'abusez point de l'état où je suis. 2 1 o
XIPHARÈS
En abuser, ô ciel ! quand je cours vous défendre, Sans vous demander rien , sans oser rien prétendre ; Que vous dirai-je enfin ? lorsque je vous promets De vous mettre en état de ne me voir jamais !
MONIME
C'est me promettre plus que vous ne sauriez faire. 2 1 S
XIPHARÈS
Quoi? malgré mes serments, vous croyez le contraire?
Vous croyez qu'abusant de mon autorité ,
Je prétends attenter à votre liberté ?
On vient, Madame, on vient. Expliquez-vous, de grâce.
Un mot.
MONIME
Défendez-moi des fureurs de Pharnace. 220 Pour me faire , Seigneur , consentir à vous voir , Vous n'aurez pas besoin d'un injuste pouvoir.
i. fur. Tous les malheurs du fils ne vous occupoient guère. (1673)
32 MITHRID AXE
XIPHARÈS
Ah ! Madame
MONIME
Seigneur, vous voyez votre frère.