MONIME, PHARNACE, XIPHARÈS
PHARNACE
Jusques à quand , Madame , attendrez-vous mon père ?
Des témoins de sa mort viennent à tous moments a t
Condamner votre doute et vos retar déments.
Venez , fuyez l'aspect de ce climat sauvage ,
Qui ne parle à vos yeux que d'un triste esclavage.
Un peuple obéissant vous attend à genoux ,
Sous un ciel plus heureux et plus digne de vous. 2 \
Le Pont vous reconnoît dès longtemps pour sa reine :
Vous en portez encor la marque souveraine ;
Et ce bandeau royal fut mis sur votre front
Comme un gage assuré de l'empire de Pont.
Maître de cet Etat que mon père me laisse, 2 ;
Madame, c'est à moi d'accomplir sa promesse.
Mais il faut, croyez-moi, sans attendre plus tard,
Ainsi que notre hymen presser notre départ.
Nos intérêts communs et mon cœur le demandent.
Prêts à vous recevoir, mes vaisseaux vous attendent, 2 1
Et du pied de l'autel vous y pouvez monter,
Souveraine des mers qui vous doivent porter.
MONIME
Seigneur, tant de bontés ont lieu de me confondre. Mais puisque le temps presse, et qu'il faut vous répondr Puis -je, laissant la feinte et les déguisements, 21